Intervenants
Michel
de Nucé de Lamothe (Pdt d'Agropolis-Museum)
Mariette Gerber (Groupe d'épidémiologie métabolique
de l'INSERM/CRLC)
Prof. Louis Monnier (Service des maladies métaboliques,
Hôpital Lapeyronie)
Dr Jean Seignalet (Médecin biologiste immunologue, Hôpital
St Éloi, Montpellier)
Bernard Faye (CIRAD, Élevage et médecine vétérinaire)
Introduction
par Michel de Nucé de Lamothe
Dans le cadre du groupe de réflexion " Alimentation
et santé d'Agropolis-Museum " animé par Mariette
Gerber, nous avons pensé utile de proposer au public un débat
sur le lait. Le moment est d'autant plus opportun que nous avons,
en ce moment, au musée, une remarquable exposition "
Histoires au fil du Lait " réalisée par le Centre
Interprofessionnel de Documentation et d'Information Laitières
: le CIDIL.
Le titre de cette table ronde, " Vices et vertus laitières
", est peut-être un peu accrocheur mais nos exposés
et discussions seront, j'en suis certain, de très grande
qualité.
Permettez-moi, avant d'entrer dans le débat, d'introduire
les intervenants, que je remercie d'ailleurs de leur présence.
- Mme le docteur Mariette Gerber du Groupe d'Epidémiologie
Métabolique de l'INSERM/CRLC (Centre de Recherche en Cancérologie)
- M. le professeur Louis Monnier, spécialiste des maladies
métaboliques à l'hôpital LAPEYRONIE de Montpellier
- le docteur Jean Seignalet, médecin biologiste immunologue
à l'hôpital de St Eloi
- Bernard Faye, chercheur au département d'élevage
et de médecine vétérinaire du CIRAD.
Le lait est le premier aliment que nous connaissons : lait maternel,
puis lait de mammifères, essentiellement lait de vache, de
brebis, d'ânesse,
La consommation de lait et de ses
produits dérivés est très ancienne puisque
dans la Bible, plus précisément dans le deuxième
livre des rois, il est dit qu'un berger ayant trempé une
branche de figuier dans une jarre de lait de brebis, avait vu ce
lait cailler et devenir du fromage. On notera aussi au moyen âge
le rôle très important des ordres monastiques dans
la technologie fromagère. Les qualités nutritionnelles
du lait ont été souvent mises en avant. Certains ont,
au contraire, souligné les inconvénients que sa consommation
pouvait présenter pour certains groupes d'individus. D'où
l'intérêt de ce débat.
Il va de soi que tous les assistants sont invités à
intervenir en posant des questions ou en faisant part de leur propre
expérience.
Dr Mariette Gerber
Comme le souligne Michel De Nucé de Lamothe, il paraît,
en effet, important, notamment pour montrer l'esprit d'impartialité
et d'objectivité qui prévaut à Agropolis-Museum
et à ses expositions, de faire une table ronde sur les qualités
laitières. Nous avons, pour cela, essayé de réunir
des spécialistes du lait, spécialistes en sciences
fondamentales ainsi qu'en santé publique. Nous avons également
demandé à des nutritionnistes d'intervenir, à
des allergologues qui ont une longue approche clinicienne.
Il y a aussi deux approches autour desquelles j'aimerais que l'on
organise cette table ronde : tout d'abord, il s'agit de considérer
le lait en tant qu'aliment fondamental, puis de voir la gamme de
produits dérivés proprement laitiers, et tout ce qu'a
pu faire l'industrie agro-alimentaire comme par exemple, cette grande
diversité d'entremets. Je pense intéressant de considérer
le lait et les produits laitiers selon ces deux aspects. Nous allons
donc d'abord présenter le lait, élément fondamental
dès notre plus jeune âge, et c'est M. Monnier qui va
nous exposer les caractéristiques du lait en tant qu'aliment.
Ensuite, nous pourrons réfléchir à ce que contient
ce lait et puis voir quelles sont les populations consommatrices,
c'est-à-dire quelles sont celles pour lesquelles le lait
est important et celles pour lesquelles le lait est facteur de risque.
Prof. Louis Monnier
Comme vous avez pu le constater, le titre de cette table ronde
est " vices et vertus laitières ". Il s'agit d'un
titre que l'on pourrait appliquer à la majorité des
produits alimentaires : viandes, poissons, légumes
Chaque aliment a, en effet, des vices et des vertus, mais j'espère
qu'en quittant cette table ronde vous garderez une bonne opinion
sur le lait et les produits laitiers, tout en gardant la notion
que l'excès peut-être préjudiciable. La composition
du lait plaide en faveur de sa consommation. En effet, c'est un
produit alimentaire équilibré qui contient 1/3 de
protéines, 1/3 de lipides (graisses) et 1/3 de glucides sous
forme de lactose . Mais il y a des différences entre les
différents laits. Par exemple, le lait de brebis est plus
riche en graisses que le lait de chèvre.
Composition
du lait (g/100ml)
|
|
Vache
|
Brebis
|
Chèvre
|
|
Protides
|
3,8
|
5,8
|
2,6
|
|
Lipides
|
3,8
|
6,4
|
3,5
|
|
Lactose
|
4,5
|
4,5
|
4,1
|
C'est la teneur en graisses d'un fromage qui fait son onctuosité
et qui augmente ses qualités gastronomiques. Si vous faites
un fromage dépourvu de graisses, il perdra ses qualités
car les 2 éléments constitutifs qui restent (l'eau
et les protéines) n'ont pas de goût. Ce qui explique
le caractère onctueux du fromage de roquefort, c'est qu'il
est fabriqué à partir du lait de brebis qui est plus
riche en graisses que les autres laits. En fait, l'onctuosité
d'un fromage est directement liée à la teneur en graisses.
En contre partie, la majorité des lipides contenus dans
les fromages est constituée par des acides gras saturés,
ce qui peut favoriser le risque de maladie cardiovasculaire. Ainsi
comme Janus, l'homme aux 2 visages, le lait et les produits laitiers
possèdent deux facettes : l'une qui est favorable, l'autre
qui l'est un peu moins.
Pour mieux comprendre les produits laitiers, la suite de mon exposé
sera consacrée aux étapes de la fabrication des fromages.
La première étape est la précipitation ou la
coagulation de la caséine qui est la principale protéine
du lait. Pour cela plusieurs mécanismes physico-chimiques
sont mis en cause : chauffage à température douce,
acidification du lait en faisant agir des bactéries lactiques,
adjonction de présure qui est un ferment qui dénature
une partie de la caséine pour entraîner sa coagulation.
Ce procédé de fabrication est très ancien,
la présure ayant été extraite au départ
à partir de la panse des bovins.
La précipitation de la caséine conduit à la
formation du " caillé " où les
lipides sont emprisonnés dans la trame protéique qui
a précipité. La partie surnageante appelée
" petit lait " contient une grande partie de
l'eau et des glucides qui sont hydrosolubles. L'étape suivante
consiste à séparer par égouttage le caillé
du petit lait. Le caillé ayant été séparé,
c'est à partir de lui que l'on obtient le fromage frais ou
fromage blanc.
La troisième étape ou maturation permet, à
partir du fromage blanc d'obtenir toute une série de fromages
: fromages à pâte molle (poursuite de l'égouttage),
fromages à pâte pressée, fromages à pâte
cuite, fromages à pâte dure. Cette maturation permet
d'avoir des fromages très différents dans leur composition
et dans leurs qualités gustatives. D'un point de vue général,
la maturation est une étape qui s'accompagne d'une perte
d'eau et de glucides. Le produit fini est donc pratiquement dépourvu
de lactose, alors qu'il s'est enrichi en protéines et lipides.
Pour résumer les choses, si le produit du départ
est constitué par 200 ml de lait qui contiennent 7 g de lipides,
7 g de protides et 10 g de glucides, on obtiendra après précipitation
de la caséine, 100 g de fromage blanc dont la composition
est : 7 g de lipides, 7 g de protides et 5 g de glucides et après
maturation, 30g de fromage dont la composition est : 7g de lipides,
7g de protides et traces ou absence de glucides.
En terme d'équivalence calorico-protidique et pour la pratique
nutritionnelle quotidienne, on peut utiliser les données
suivantes :
1 bol de lait (200 ml) = 2 yaourts = 100 g de fromage frais
30 g de fromage = 7 g de protides = 120 kcalories.
L'apport en protéines lié aux produits laitiers est
important, mais il n'est toutefois pas suffisant. Pour aboutir à
un apport protéique conseillé de 80 g/jour, il faut
compléter nos repas par d'autres aliments : viande, poisson
.
Après ce rappel sur la composition des produits laitiers,
analysons quelques statistiques de consommation.
Le français est un grand consommateur de fromage : 22,5 kg/an
Consommation
de fromages par habitant (1989-1990)
|
|
Total
(kg)
|
Fromage
frais (kg)
|
|
France
|
22,5
|
17,3
|
|
Italie
|
18,1
|
4,7
|
|
Suède
|
15,5
|
0,9
|
|
Pays-Bas
|
15,2
|
1,6
|
|
États-Unis
|
12,3
|
1,6
|
|
Royaume-Uni
|
8,6
|
1,0
|
|
Union
Soviétique
|
6,6
|
3,3
|
|
Japon
|
1,2
|
0,1
|
Toutefois, contrairement aux habitants des pays scandinaves et
du continent Nord Américain, le français ne consomme
que très peu de crème de lait.
Une partie de la mortalité cardiovasculaire élevée
des pays scandinaves et des USA est expliquée par cette consommation
excessive de produits laitiers riches en graisses saturées.
Bien que le Français consomme une quantité notable
de graisses saturées par le biais de fromages, sa mortalité
cardiovasculaire reste relativement faible. C'est ce qui a été
désigné sous le terme de " paradoxe français
".
Le paradoxe
français

Certains ont cru trouver l'explication de ce paradoxe dans une
consommation de vin un peu supérieure à la moyenne
des autres pays précités. Cette consommation de vin
serait capable d'annuler les effets athérogènes d'une
consommation élevée de graisses saturées, d'origine
laitière. En terme simple, la forte consommation de fromage
des Français serait sécurisée par leur consommation
de vin. Cette explication trop caricaturale est évidemment
trop simple pour être vraie. La publicité s'en est
malheureusement servie avec des slogans du type : " le
vin (ou tel type de vin) protège contre les maladies cardiovasculaires ".
La prudence est donc nécessaire et il convient de souligner
qu'il faut avancer prudemment quand on cherche à donner des
recommandations nutritionnelles à partir d'études
épidémiologiques.
En terme de métabolisme glucidique, il faut savoir que le
lait contient du lactose qui est un sucre ultra-lent, peu hyperglycémiant.
Ceci signifie que les glucides du lait font monter la glycémie
de manière modérée. C'est pour cette raison
que la consommation de lait devrait être conseillée
au petit déjeuner, associée aux fruits qui sont également
peu hyperglycémiants.
En terme de métabolisme protidique, le lait apporte des protéines
à haute valeur biologique. Par ordre décroissant de
valeur biologique, les produits laitiers se situent légèrement
en dessous des ufs, mais au dessus de la viande et très
au dessus des céréales et des légumes secs.
Les produits laitiers sont donc intéressants pour prévenir
la perte de masse protéique qui survient avec l'âge
: diminution de la masse musculaire, perte de masse protéique
osseuse. A cet égard, il convient de souligner que les produits
laitiers fournissent près de la moitié du calcium
alimentaire : 400 mg sur les 800 mg qui sont nécessaires.
En conclusion, les produits laitiers par leur apport protéique
et calcique permettent dans une certaine mesure d'atténuer
la perte de masse protéique et calcique qui survient avec
l'âge.
Se priver de produits laitiers à partir d'un certain âge
n'est donc pas nutritionnellement conseillé.
Composition
corporelle chez le sujet âgé par
rapport à l'adulte en poids normal

Il n'existe pas d'aliment-médicament. Faire
croire que certains aliments peuvent avoir des vertus médicinales
est un concept peu crédible sur le plan médical. Le
terme d'alicament est donc le plus souvent utilisé à
des fins commerciales. Ceci n'exclut pas que la nutrition soit une
partie importante de la thérapeutique médicale puisque
de nombreuses maladies peuvent bénéficier de prescriptions
diététiques. Il y a donc des facteurs santé
contenus dans certains aliments ou plutôt dans certains groupes
d'aliments, mais ce terme de vertus médicinales est peu approprié
car il pourrait faire croire qu'un seul nutriment serait capable
de résoudre à lui seul certains problèmes de
santé ou certaines maladies. De manière plus générale,
les apports alimentaires doivent être équilibrés
et ajustés aux besoins de chaque individu. Si l'alimentation
des américains a mauvaise réputation et si l'espérance
de vie est en train de régresser aux Etats-Unis, c'est à
cause d'une surconsommation alimentaire globale entretenue par les
modes de distribution alimentaire. Aucun nutritionniste ne dira
: " prenez tel nutriment ou tel aliment pour soigner telle
maladie ".
Par contre, il dira : " variez votre alimentation, utilisez
la diversité alimentaire en respectant les grands équilibres
alimentaires et en évitant les excès ".
Pour reprendre le débat, je dis qu'il n'y a jamais eu d'aliments
qui soient porteurs de tous les vices. Tous les aliments ont un
certain nombre de vertus et malheureusement un certain nombre de
défauts. C'est pour cette raison que nous devons diversifier
notre alimentation. Il n'y a donc pas d'aliment dangereux, en soi,
sauf pour les personnes qui développent une allergie à
un aliment donné. Par exemple, le lait de vache peut-être
effectivement dangereux si vous êtes allergique à ce
type de lait. Ceci est un danger au niveau d'un individu donné,
mais qui ne peut, en aucun cas, être extrapolé au niveau
d'une collectivité. Le danger supposé de tel ou tel
aliment est d'ailleurs beaucoup lié au raisonnement par syllogisme
qui est malheureusement fréquent en nutrition. Pour illustrer
les choses prenons un exemple caricatural qui pourrait être
énoncé de la manière suivante : " les
éléphants sont les animaux qui vivent le plus longtemps
; les éléphants ne consomment pas d'huile d'olive
; par conséquent il ne faut pas consommer d'huile d'olive
si on veut vivre vieux ". Ce type de syllogisme est évidemment
absurde. Le raisonnement nutritionnel doit être autant que
possible basé sur des faits scientifiques. Pour en revenir
au lait, c'est un produit alimentaire équilibré, qui
possède un certain nombre de qualités, mais qui a
également quelques défauts . Si on consomme trop de
produits laitiers, l'apport en graisses saturées risque de
devenir excessif ce qui peut favoriser la survenue de maladies cardiovasculaires.
Par contre, en se privant de produits laitiers, on se prive d'aliments
qui apportent des nutriments importants : protéines à
haute valeur biologique, calcium
.. et de surcroît on
se prive d'aliments qui ont, comme les fromages, une bonne qualité
gastronomique.
Dr Mariette Gerber
Avant de laisser la parole au Docteur Seignalet, j'aimerai ajouter
deux ou trois points qui me paraissent importants. D'abord, le lait
apporte une source majeure qui est l'acide alpha-linoléique.
Il en apporte peu certes, mais cet apport est tout de même
essentiel pour le développement cérébral de
l'enfant. De plus, le lait apporte un autre facteur de croissance
important. On l'appelle d'ailleurs l' " IGF1 ", et il
est sécrété dans le foie sous l'influence de
l'hormone de croissance mais il est également apporté
par le lait. On a cru que cette hormone était apportée
par le lait des vaches qui subissaient des traitements hormonaux
mais il n'en est rien. Il s'agit d'un constituant normal du lait.
On sait donc très bien que dans les pays où on consomme
beaucoup de lait, les gens ont une stature plus grande. Mais avons-nous
nécessairement les mêmes besoins quand on est adolescent
et quand on devient adulte et même âgé ? Est-ce
qu'au contraire certains apports comme les facteurs de croissance,
ne vont pas devenir discutables ? Sans parler des phénomènes
d'allergies et d'intolérance dont on va discuter maintenant.
Il faut réfléchir en termes de populations consommatrices
et il faut aussi se demander s'il ne faudrait pas modifier et équilibrer
notre alimentation au cours de l'âge.
Dr Jean Seignalet
Ma conception est tout à fait différente de celle
que vous a présentée le professeur Monnier, avec ses
amples connaissances classiques. Je ne vois pas les choses sous
cet angle. Je pense d'abord que le lait n'est pas nécessaire
et qu'il est même dangereux. Je vois les choses sous l'angle
de l'adaptation ou pas de nos enzymes aux différents aliments.
Cette consommation du lait n'est d'ailleurs pas si ancienne que
ça puisqu'elle ne remonte qu'à 5000 ans environ en
France, et qu'elle n'est importante que depuis une cinquantaine
d'années. Il existe une véritable différence
entre le lait maternel et les laits animaux. D'abord, il y a des
milliers d'années, les animaux sauvages dont faisait partie
l'homme, ne consommaient du lait que lors de leur petite enfance.
La nature n'est pas si mal faite dans la mesure où on peut
se passer du lait de sa mère et avoir une alimentation variée.
Il n'y a donc pas de raison naturelle qu'on consomme du lait toute
la vie.
Je vous ai parlé d'enzymes tout à l'heure parce qu'on
ne peut pas tricher avec eux. Une enzyme, c'est extrêmement
têtu puisqu'elle fonctionne comme une serrure qui n'admet
qu'une seule clé. Les enzymes sont incontournables puisque
toutes nos réactions chimiques dépendent d'elles.
Elles ne fonctionnent d'ailleurs pas toutes seules. Il faut des
minéraux, des molécules dérivant des vitamines.
En tout cas, je pense que pour être en forme, prévenir
des maladies ou guérir, il faut mettre les enzymes dans leur
meilleur état de fonctionnement possible. Pour cela, il ne
faut leur donner que des substrats qu'elles connaissent. Et donc,
il y a pour moi des aliments dangereux et d'autres qui sont permis.
Je considère l'homme comme un animal sauvage qui s'est écarté
des lois de la nature, donc, pour voir quels sont les aliments dangereux,
il suffit de se demander quels sont les aliments que ces animaux
ne consomment pas. Au premier plan, il y a le lait. J'ai 2500 patients
qui suivent un régime dans lequel j'ai supprimé le
lait ainsi que d'autres aliments que je considère dangereux
et aucun d'entre eux ne souffre de déficit de calcium. Car
celui-ci est suffisamment abondant dans le sol avec notamment les
légumes et les fruits. Donc, même si tout ce qu'à
dit M. Monnier est parfaitement vrai sur le plan quantitatif, je
pense que ce n'est pas là le plus important. Le plus important
est de prendre en considération les enzymes. Si vos enzymes
n'arrivent pas à dégrader, à sectionner correctement
vos aliments, il va y avoir des ennuis. On dit souvent que l'homme
peut s'adapter à n'importe quoi, je n'en crois rien car les
enzymes sont très stables. Il y a, dans les aliments, des
choses auxquelles elles ne pourront jamais s'adapter.
Du coup, l'organe clé va devenir l'intestin grêle.
Selon la manière de manger, selon le comportement digestif,
il va rentrer ou non, dans notre corps, des molécules dangereuses.
Et quelles sont ces molécules dangereuses ? Ce sont les grosses
molécules que nos enzymes ne peuvent pas casser. Les ennuis
commencent quand vous avez des molécules trop grosses qui
ne peuvent s'intégrer dans aucun métabolisme. Et je
prétends que de telles molécules vont progressivement
encrasser l'organisme. Et que cela va empirer en prenant de l'âge.
Il y a des différences dans les proportions quantitatives
entre le lait de vache et le lait de femme. Dans le lait de vache,
par exemple, il y a beaucoup plus de vitamines A, C, E, de fer et
de calcium. Mais ce qui montre que la quantité n'est pas
l'élément essentiel, c'est que vous ne verrez jamais
une carence en fer et en calcium chez des enfants nourris au lait
de femme. Alors que ceux qui prennent du lait de vache auront parfois
une certaine carence.
Il y a d'ailleurs une différence dans la structure des protéines
humaines et ceux de vaches. Le lait de bovin est fait pour un veau
qui va prendre 300 ou 400kg en quelques mois et qui n'a pas besoin
de développer un cerveau important. . Et remarquons que nous
trouvons, dans le lait de femme, les gynolactoses et l'acide gamma
linoléique qui sont importants pour le développement
cérébral de l'humain. Tout ceci fait que l'on ne peut
pas affirmer que nos enzymes sont capables de s'adapter à
ces aliments. Le lait de vache contient aussi des molécules
géantes (et des hormones de croissance) qui, si elles rentrent
dans notre intestin, provoquent des ennuis. Donc, pour moi, le lait
n'est pas un bon aliment. Il y a d'autres mauvais aliments qu'il
faut également supprimer comme le blé et le maïs,
les produits trop cuits, etc.
Pour moi, l'aspect qualitatif
compte avant tout.
Dr Mariette Gerber
On a tendance à penser que les aliments dangereux n'existent
pas. C'est surtout une question de dose et de qualité. Il
s'agit de savoir si ce que l'on mange est bon pour la santé
ou pas, par exemple. Pour en revenir au lait, il s'agit notamment
de savoir s'il est toujours convenable ou si, au contraire, il faut
que sa consommation soit revue pour les personnes qui prennent de
l'âge. Le Dr Seignalet en a déjà parlé,
il y a un facteur de croissance dans le lait qui semble inutile
quand l'organisme prend de l'âge. Parfois, ces facteurs vont
favoriser des multiplications cellulaires et on a notamment remarqué
qu'une consommation excessive de produits laitiers pouvait augmenter
le risque de cancer de sein, de cancer de la prostate. Ceci certainement
à cause de ces facteurs de croissance présents dans
le lait. L'apport de graisses saturées est également
un facteur de risque cardiovasculaire.
Je vais maintenant laisser la parole à M. Bernard Faye pour
qu'il puisse répondre à ce que vient de dire le Dr
Seignalet.
Bernard Faye
Je voudrais dire, en introduction, que je ne savais pas que je
vivais aussi dangereusement, moi qui suis un grand buveur de lait
et ça ne m'empêche pas de faire du sport. Ma compétence
ne relève pas du lait en tant que produit. Je suis plutôt
du côté de la production du lait puisque je suis vétérinaire
et ce depuis pas mal d'années. Vous avez beaucoup parlé
de lait de vache en comparaison au lait de femme. Or j'ai pas mal
travaillé dans des pays où le lait de vache est vraiment
minoritaire. Je pense notamment à l'Inde où le lait
de buffle, par exemple, représente une part importante du
lait consommé. Il y a donc d'autres laits qui existent et
qui ont d'autres compositions. Certains ont presque les mêmes
compositions que le lait de femme. Dans certain pays, on prête
d'ailleurs un certain nombre de vertus médicinales, thérapeutiques
au lait et ceci est accepté par le corps médical.
Il y a, par exemple, l'ex-URSS qui utilise le lait de jument fermenté
pour traiter la tuberculose. Je ne suis pas un adepte aveugle de
ces vertus car ce n'est pas réellement prouvé scientifiquement.
Il est vrai que l'on boit du lait de plus en plus depuis quelques
années donc on pourrait y voir un effet sur la longévité,
par exemple. Je n'ai pas l'impression que la durée de vie
des gens ai diminué ces cinquante dernières années,
c'est plutôt l'inverse. Bon, je ne fais pas une corrélation
linéaire mais je pense que l'on ne peut pas affirmer si fermement
le fait que les gens buvaient moins de lait avant et que donc ils
vivaient mieux. Je pense que c'est un peu plus compliqué
que ça.
Dr Jean Seignalet
On a gagné des années de vie surtout grâce
au prouesses de la chirurgie, au déclin de la mortalité
infantile, aux antibiotiques, etc. mais d'autres maladies ont bien
gagné du terrain, en particulier les affections dégénératives.
Bernard Faye
Ensuite, vous avez dit quelque chose qui m'a un peu choqué.
Vous avez dit que les animaux sauvages ne boivent que le lait de
leur mère et non pas celui d'autres animaux. Vous ne voyez
donc pas pourquoi l'homme devrait boire le lait d'autres animaux.
L'homme est un homme de culture et notamment de culture culinaire.
Il a accès à une alimentation variée donc je
ne vois pas pourquoi il faudrait qu'il s'en prive. Cela fait partie
de son histoire. Je suis totalement en désaccord avec l'affirmation
que si les animaux ne boivent pas d'autres laits que celui de leur
mère, ils ont certainement raison et nous avons tort. Il
y a une dimension culturelle dans l'alimentation de l'homme et donc
dans celle du lait. Pour avoir cohabité pendant longtemps
avec des pasteurs, je peux affirmer que pour ces derniers le lait
est l'élément de base de leur alimentation. On ne
peut pas avancer une argumentation de ce type là de façon
tranchée.
Dr Jean Seignalet
Je suis conscient qu'avancer une telle théorie, puisse paraître
quelque peu farfelue mais aussi curieuse qu'elle puisse être,
elle se traduit par des résultats. Si vous passez à
mon bureau, je peux vous les montrer. Je vous montrerai notamment
des résultats sur des personnes qui avaient une maladie incurable
et qui ont très bien guéri.
Bernard Faye
Ce qui me choque le plus, c'est le terme " aliment dangereux
". Si on regarde à l'échelle mondiale, je me
demande si ce n'est pas l'eau qui tue plus que le lait. Lors des
campagnes Napoléoniennes, les grognards, qui buvaient du
vin, ont mieux résisté que les prussiens qui, en consommant
de l'eau, subissaient beaucoup plus de diarrhées. Tous les
aliments sont potentiellement dangereux. Si vous mangez, par exemple,
des huîtres, vous pouvez très bien être malade
avec des huîtres ! Je voudrais, pour terminer, revenir sur
un point. Vous avez parlé d'une augmentation de poids due
au lait. Je me demande si, chez les obèses américains
par exemple, une telle prise de poids provient d'une trop grande
consommation de lait ou de coca-cola !
M. de Nucé de
Lamothe
Le docteur Seignalet a évoqué la taille trop importante
de certaines molécules du lait. Mais pourrait-il nous donner
l'ordre de grandeur de ces molécules ?
Dr Mariette Gerber
Moi, j'aimerai revenir sur l'aspect culturel. Je crois que c'est
vraiment très important. Cela prouve que l'on ne peut pas
séparer l'alimentation de la culture. Il y a des sociétés
où on ne consomme que très peu de lait et, en général,
ce sont celles qui se portent le mieux. Il y a les pays du Sud,
par exemple, et le Japon, qui ont un mode de vie qui leur permet
de réagir convenablement avec leur acide gras saturé.
Il faut donc considérer cet aspect culturel et voir l'ensemble
de l'alimentation.
Je vois qu'il y a déjà une question dans la
salle.
Public
D'abord, j'aimerais dire que c'est très intéressant
de voir des spécialistes s'affronter sur quelque chose qui
parait évident pour nous consommateurs mais ça ne
nous aide pas beaucoup par rapport au choix que l'on doit faire.
J'avais compris qu'il fallait boire du vin mais je ne pense pas
que cela soit à donner à ma fille de 6 ans ! J'ai
aussi compris que l'on restait finalement seul devant le choix.
Puis, j'aimerais parler du peuple nomade dont l'alimentation est
essentiellement basée sur le lait. Je pense que ce peuple
est, en quelque sorte, sélectionné par le lait lui-même.
Donc, en fait, il y a une part d'adaptation. Ils ont peut-être
des enzymes que l'on n'a pas. Ils se sont adaptés à
l'environnement. Par contre, votre théorie selon laquelle
il ne faut donner à nos enzymes que ce qu'elles veulent bien
digérer, elle est vraiment trop simple. Je ne pense pas que
tout ce que l'on mange soit particulièrement digestible.
Faut-il cesser de manger de la cellulose non digérée
par l'organisme ? Il y a un autre aspect fort intéressant
que l'on attribue au lait : on lui donne des vertus médicinales.
Je ne sais pas si cela peut se vérifier mais c'est tout de
même un bon aspect. Puis, il ne faut pas parler seulement
en terme de nutrition, je pense. Il faut aussi se demander si ce
que l'on donne à nos vaches par rapport à ce que les
moines donnaient est convenable ou pas ! L'aspect qualitatif est
vraisemblablement important.
Dr Mariette Gerber
Tout comme l'aspect individuel et collectif. Il y a certainement
des gens pour qui le lait est dangereux mais pas pour d'autres !
Guy Linden (CIRAD)
D'abord, j'aimerai dire que je suis pleinement d'accord avec l'exposé
du professeur Monnier. Ce n'est pas toujours facile de faire un
exposé didactique de ce genre. J'ai participé à
beaucoup de colloques et de conférences mais je dois avouer
que j'ai beaucoup appris aujourd'hui ! Dr. Seignalet, vous avez
dit qu'il existe des molécules géantes mais vous n'avez
pas réussi à répondre à la question
de M. De Nucé de Lamothe sur la taille de ces dernières.
Je vais répondre à votre place.
A l'exception des immunoglobulines, la taille maximale des protéines
du lait est de 69 000. Et toutes les protéines de lait
de vache, sauf la bétalactoglobuline, sont dégradées
comme la plupart des protéines alimentaires. Dans le lait
humain, il y a 1 000 fois plus de lysozyme par rapport au lait
de vache. Ça, ce sont des faits que vous n'avez pas mentionnés,
des réalités scientifiques.
Dr Jean Seignalet
Tout ça est dans mon livre. Je ne peux pas dire tous ces
détails. Et si vous me faites le plaisir de lire mon livre,
vous le verrez.
Guy Linden
J'ai lu la préface de livre, dont je ne ferai pas la publicité
d'ailleurs, " Le lait, blancheur trompeuse " et ça
suffit largement pour ma bibliographie ! Franchement, entendre autant
de contre-vérités scientifiques est vraiment très
dur à avaler. Et je me mets à la place de toute la
communauté scientifique française.
Dr Jean Seignalet
Personnellement, j'ai des résultats et si vous êtes
scientifique comme vous le dites, vous viendrez voir.
Guy Linden
Je laisse les autres décider. Mais, quand même, on
ne peut pas dire qu'il y a des molécules géantes,
c'est faux on ne peut pas dire non plus qu'elles ne sont pas dégradées,
c'est faux. Il y a des choses à prendre réellement
en considération, voyez-vous.
Public
Je pense que s'il y avait eu, à la table ronde, un ORL,
le Dr Seignalet aurait été un peu plus soutenu. Je
pense aussi que le professeur Monnier avait le bon rôle car
nous sommes habitués à ce genre de présentation.
Je pense, comme Madame, que pour certaines personnes, le lait est
véritablement dangereux et j'en fais partie. J'aurais aimé
que l'on dise que le calcium et que l'acide Alpha-linoléique
peuvent être trouvé ailleurs que dans le lait. Ecoutez,
je ne bois pas de lait depuis quatre ans et je n'ai pas de carence
en calcium, je fais du sport et j'ai une activité cérébrale
normale.
Dr Mariette Gerber
Vous devez avoir, tout de même, une activité physique
plus importante car pour fixer le calcium, c'est vraiment essentiel.
C'est pourquoi je parle beaucoup d'évolution des besoins
et aussi d'évolution des mécanismes.
Prof. Louis Monnier
Pour reprendre le débat, je dis qu'il n'y a jamais eu d'aliments
vertueux, ni vicieux. Tous les aliments ont un certain nombre de
vertus et de vices. Il n'y a pas d'aliments dangereux en soi. Il
y a danger pour une personne qui est allergique à l'aliment.
Le lait peut être dangereux si vous êtes allergique
au lait de vache. Il y a un danger en terme individuel mais pas
en terme de collectivité. Donc, on ne peut pas raisonner
par syllogisme :
En fait, il ne faut pas procéder ainsi. Il faut se baser
sur des faits scientifiques. Le lait est un produit équilibré,
qui a un certain nombre de qualités et certainement des défauts,
par exemple, si on en consomme trop cela apporte trop de graisses
saturées et cela peut ainsi favoriser l'artériosclérose.
En se privant de lait, on se prive, sur le plan gastronomique, de
quelque chose d'extraordinaire dans la vie.
Public
Il y a cinq ans, j'ai eu des problèmes intestinaux et j'ai
consulté un grand médecin à Montpellier qui
m'a dit que j'avais une maladie très grave. J'ai fait faire
des recherches et on n'a jamais rien trouvé. J'ai une amie
qui m'a dit de supprimer le lait et les céréales,
c'est à dire le blé et le maïs. Je l'ai fait
et j'ai constaté une nette amélioration de mon état
de santé. J'ai essayé de réintroduire séparément
le lait et les céréales dans mon alimentation et les
problèmes sont revenus. Donc, ce que je voudrais dire, c'est
que, pour moi, il y a une intolérance à ces aliments.
Je n'ai pas besoin de ces aliments, je m'en passe très bien
pour l'instant. Je ne fais pas d'ostéoporose. J'ai une vie
active et je fais du sport. Je pense qu'aussi bien M. Monnierque
M. Seignalet, dans notre société actuelle, ont raison
tous les deux.
Prof. Louis Monnier
C'est vrai qu'il y a des aliments qui doivent être enlevés.
Si une personne fait une allergie au lait de vache, il n'y a pas
d'autres moyens que de supprimer ce lait. Mais là on parle
en terme d'individualité, de cas spécifique. En terme
général, il n'y a pas d'aliments dangereux.
Public
Le problème c'est qu'on ne peut pas comparer les sociétés
traditionnelles et notre société occidentale. Il y
a une différence entre les sociétés traditionnelles
et la notre. Les produits ne sont pas fabriqués de la même
manière. Ici, les vaches bouffent n'importe quoi. Et puis,
en Chine, les gens ne consomment pas de lait alors que la Chine
représente plus de la moitié de la population. C'est
juste une constatation qui s'appuie quand même sur une expérience.
Depuis que je ne mange plus de fromage, quand je me lève
le matin, je n'ai plus la bouche pâteuse, je n'ai plus la
migraine. Ma sur, qui a fait de même, n'est plus constipée
alors que cela faisait quarante ans qu'elle l'était !
Bernard Faye
Je ne sais pas si je peux vraiment répondre mais je peux
au moins faire quelques commentaires. D'abord, il est vrai qu'il
y a des sociétés qui ne consomment pas de lait et
ce culturellement. Il y a une forte diversité et tant mieux.
Cela dit, on observe aussi des changements alimentaires. Je vais
prendre un exemple, le Vietnam, la consommation de lait, en 90,
tournait autour d'1/2 litres par habitant et par an. Aujourd'hui,
cette consommation est de 10 litres. Ce n'est pas énorme
puisqu'en France, on en est à 280 litres. Mais il y a tout
de même une tendance, les habitudes alimentaires changent.
Vous avez parlé des sociétés traditionnelles
en prônant leur équilibre. Totalement faux. Equilibre
avant mais plus maintenant. Ce sont plutôt des sociétés
en crise. Et même dans ces sociétés, il y a
un certain changement de comportement alimentaire.
Dr Jean Seignalet
Ce n'est pas vraiment par le biais d'allergies que ces aliments
sont dangereux. La plupart du temps, les gens les digèrent
très bien. Les effets se font ressentir à long terme.
Et si je suis là ce n'est pas pour avoir une attitude révolutionnaire
mais juste pour expliquer mes constatations. Pour certaines maladies,
si vous faites faire un sérieux régime à ceux
qui en sont atteints, dans le mois qui suit, on peut observer une
nette amélioration. Et je n'ai d'ailleurs jamais dit que
le lait à lui seul était facteur d'intelligence. Il
faut prendre en compte les facteurs génétiques, les
facteurs d'éducation, etc.
Il n'explique pas tout. Mais
l'enfant qui prend du lait de vache, comme il n'y a pas d'acide
gamma linoléique dans ce lait, est quand même légèrement
handicapé sur le plan cérébral par rapport
à ceux qui prennent du lait maternel.
Public
J'ai une question qui concerne les substituts au lait comme le
lait de soja.
Dr Mariette Gerber
Ca, c'est encore un autre problème. Certaines femmes prennent
du lait de soja parce que cela apporte des phytoestrogènes
et il y a d'ailleurs un gros débat là dessus. C'est
en pleine discussion. Il y a un aspect hormonal mais il y a des
personnes qui prennent aussi le lait de soja pour un apport protéique.
Prof. Louis Monnier
Il n'existe pas d'aliments-médicaments. Faire croire aux
gens qu'il y a des aliments médicaments, ça ne tient
pas la route. Ce sont des choses pour faire vendre des aliments.
Un aliment n'a jamais eu de vertus médicinales, tout comme
un aliment n'a jamais été un véritable poison
pour l'homme. Il y a des facteurs de santé dans les aliments
mais pas de vertus médicinales. Il faut pondérer ces
apports alimentaires. Mais se priver de lait est un tort. Aux Etats-Unis,
l'espérance de vie a diminué du fait d'une surnutrition,
celle-ci entretenue par les modes de distribution alimentaire. Aucun
nutritionniste ne dira : prenez tel aliment pour soigner telle maladie.
Il y a tellement de nutriments, il faut veiller à apporter
la diversité.
Bernard Faye
Il y a, en effet, des facteurs de santé dans les aliments.
Des collègues de l'INRA étudient le lien éventuel
entre l'alimentation des vaches et la composition du lait qu'elles
fournissent. Il semble que les Montbéliarde, nourries au
foin, produisent un lait de meilleure composition nutritionnelle
Mais
cela n'a pas encore été publié. On prête,
au lait de chamelle, des vertus médicinales et on l'utilise
comme tel. On donne, par exemple, 2 litres de ce lait pour traiter
la tuberculose. Je reste très dubitatif devant ça.
Tout ceci relève plus de la croyance, je pense, et moins
de la vérité scientifique.
Michel de Nucé
de Lamothe
Moi, j'aurai une remarque et une question pour M. Seignalet. Dans
votre exposé, vous avez donné beaucoup d'information
mais très peu de données chiffrées. Les molécules
de lait, que vous désignez comme grosses, sont plus petites
que les molécules des produits végétaux. Et
ce que j'aimerais savoir, c'est la chose suivante : " Etes-vous
soutenu dans cette théorie par certains scientifiques et
y a-t-il eu des publications ? "
Dr Jean Seignalet
Non, il n'y a qu'une pensée unique qui règne donc
on ne peut pas faire passer ce genre de choses dans la presse. Malheureusement.
C'est une pensée qui choque ceux de la pensée unique.
Dr Mariette Gerber
Il va nous falloir conclure.
Michel de Nucé
de Lamothe
D'abord, j'ai retenu un argument du professeur Louis Monnier, en
ce qui concerne les besoins d'apports protéiques de haute
valeur biologique chez les personnes âgées. Alors,
comme cela commence à m'intéresser, je vais faire
très attention à ce qui a été dit. Et
je vais aussi faire des exercices physiques puisque j'ai retenu
ceci aussi. Pour conclure, je crois qu'il faut balancer nos opinions.
On peut remercier le Dr Jean SEIGNALET de nous avoir présenté
son point de vue, et nous souhaiterions qu'il soit discuté
avec toute la communauté scientifique. Et je crois que l'on
peut se féliciter de cette occasion qui nous a été
fournie par cette table ronde pour évoquer ces divers problèmes.
En conclusion, je pense que le lait est un aliment essentiel dans
notre alimentation et que cet aliment, pour des enfants des pays
pauvres, est vraiment positif. Je ne voudrais pas que nous oublions
quand même qu'il y a des problèmes majeurs dans les
autres pays du monde et qu'il faut trouver les moyens pour essayer
de les amoindrir.
|