Dans
la région de Tombouctou (Mali), les sociétés agraires
avaient réussi à mettre en valeur les ressources naturelles
en maintenant l'équilibre entre régénération
et exploitation. Aujourd'hui cet équilibre est remis en cause.
Ici, comme dans une grande partie du Sahel, des terres traditionnellement
réservées à l'activité pastorale (bourgoutières
not.) sont mises en culture. Les meilleurs espaces fourragers vont à
l'agriculture alors que la désertification réduit les
surfaces et la productivité des parcours. La gestion du risque
climatique impose désormais la diversification des activités
agricoles et d'élevage. Les groupes de population jusque-là
complémentaires sont, de plus en plus, en concurrence pour l'accès
aux ressources. Au cours des 30 dernières années, l'environnement
écologique et social a été transformé.
Les
objectifs et stratégies des acteurs ont dû sans cesse s'adapter
aux différents contextes évoluant entre urgence (sécheresses),
post urgence (entre sécheresse et rébellion), urgence
(rébellion) et reprise du développement. L'histoire de
l'intervention de l'ONG Vétérinaires Sans Frontières
témoigne de la complexité de réalisation des projets
dans un tel contexte.
Après
un examen des mutations dans la gestion de l'espace et des ressources
naturelles, la présentation tentera de comprendre dans quelle
mesure le travail des ONG et plus généralement des opérateurs
de développement, peut être efficient.