1905.
La crise de surproduction du vin fait réagir les petits propriétaires
et émerger l'esprit de solidarité. Les Vignerons Libres
de Maraussan donnent le coup d'envoi du mouvement coopératif
languedocien, culminant dans les années 1930, et qui se poursuivra
jusqu'au milieu du siècle dernier. La mutualisation des moyens
de production implique alors la construction de nombreuses bâtisses
de coopératives vinicoles, conduisant à l'abandon rapide
de la plupart des caves individuelles, y compris chez les gros propriétaires.
L'analyse
du corpus de bâtiments recensés par le service de l'Inventaire
général (plus de 160 pour l'Hérault) fait ressortir
la grande qualité et l'originalité des compositions architecturales.
Par un travail remanié de génération en génération,
les architectes ont conçu un bâti adapté aux multiples
contraintes vinicoles incluant des espaces pour le stockage, le foulage-pressurage,
la vinification, le vieillissement, et plus récemment la dégustation
et commercialisation.
Mais
à travers l'image que nous renvoient ces "Caves coopératives",
l'architecture affirme plus encore la représentation d'une identité
professionnelle et atteste la force d'un esprit de solidarité
aujourd'hui profondément perturbés. Quel devenir peut-on
imaginer pour ce patrimoine d'édifices encore très présents
dans le "paysage" languedocien, emblématiques d'une
histoire régionale marquée par la coopération ?
En
savoir plus :
Lochard Th., 2006. Les caves coopératives
de l'Hérault. Un patrimoine exemplaire. La Pierre d'angle,
mars 2006, n° 41, p. 47-49
avec l'autorisation gracieuse de "la Pierre
d'angle", revue de l'Association Nationale des Architectes des
Bâtiments de France, http://anabf.org)