Vaste plaine deltaïque de 145.000 ha, la Camargue constitue un patrimoine de grande valeur biologique, sociale et économique. Dans cette mosaïque de milieux interdépendants mais fragiles où vivent 35.000 habitants, la gestion de l'eau est la clef de voûte du fonctionnement territorial. La culture du riz, à la limite de son aire éco-climatique, qui exige une maîtrise technique rigoureuse, est à cet égard exemplaire car elle valorise l’eau nécessaire au dessalement et s'étend sur un tiers des 53.000 ha de surface agricole du delta.
Dans une logique de réduction des risques et de rentabilisation de l’espace, les acteurs locaux veulent une plus grande autonomie, notamment pour gérer l’eau, et remettent en cause la conservation des zones humides. Depuis longtemps les représentations opposent nature et usage (agriculture, chase, pêche, salines…), conduisant à des impasses de gestion et à des conflits d'usages. Pourtant chaque activité a un rôle déterminant dans ce système "socio-naturel", imbrication de domaines exploités et de grandes unités écologiques.
Une
dizaine d'institutions gestionnaires tentent déjà, avec
un ensemble d'outils règlementaires (réserves, acquisition
foncière, conventions, gestion concertée), d'aménager
l'espace et protègent les milieux naturels les plus fragiles
de la spéculation foncière et économique. Reste
la nécessité d'une gestion du territoire plus intégrée
alliant nécessités économiques et environnementales
(Projet de contrat de delta).
En
savoir plus
=>
Les potentialités agroclimatiques et
la place du riz dans la dynamique d'évolution des systèmes
de culture en Camargue (Jean-Claude Mouret, 2004).
Fichier PDF - 36Ko
=>
Géographie, réglementation et
institution (Régis Vianet, 2004). Fichier
PDF - 116Ko