L'arachide
(Arachis hypogaea L.) est une légumineuse annuelle d'origine
américaine, introduite et cultivée dans toute la zone
intertropicale qu'elle déborde très largement jusqu'aux
40e parallèles nord et sud. Sa rusticité, sa plasticité,
sa résistance à la sècheresse, la multiplicité
de ses usages domestiques, artisanaux et industriels en font un oléoprotéagineux
très apprécié, notamment dans les pays du Sud où
elle intervient en rotation avec les céréales vivrières
de base, sorgho, mil, maïs, riz.
L'arachide
occupe donc une place importante dans les systèmes agraires traditionnels.
Elle constitue une source importante de protéines, de lipides
et d'aliments du bétail (fourrage et tourteaux) en même
temps qu'un appoint monétaire appréciable dans l'économie
des petites exploitations paysannes qui assurent 90% environ de la production
mondiale, notamment dans les zones de savanes tropicales sèches
asiatiques et africaines.
L'arachide
est de loin l'oléoprotéagineux le plus riche en éléments
nutritifs, avec un taux moyen de lipides + protéines de 75% sur
graines et une valeur énergétique de 560 kgcal par 100
grammes contre 60% et 430 kgcal pour le soja. Cette dernière
culture est par ailleurs beaucoup plus contraignante, à rendement
sensiblement équivalent, et demeure soumise aux aléas
d'un marché très spéculatif dont les cours sont
régulièrement inférieurs de 40% au moins à
ceux de l'arachide. Celle-ci représente environ 12% de la production
mondiale de graines oléagineuses alimentaires et moins de 5%
des échanges internationaux de produits oléagineux, la
Chine et l'Inde étant les principaux producteurs et consommateurs.
Cette faible contribution à un marché dominé par
la production agro-industrielle du soja (77% des échanges de
graines, 80% des tourteaux et 24% de l'huile) comprend une part croissante
d'arachide de bouche, produit à forte valeur ajoutée.
La détoxification industrielle des tourteaux d'arachide exposés
à la contamination par une moisissure, Aspergillus flavus (vecteur
de l'aflatoxine, toxine cancérigène), est désormais
opérationnelle. Elle ouvre des perspectives de relance aux pays
africains qui auront su s'équiper.
Les
pays exportateurs de soja (USA, Brésil, Argentine, tous situés
en zone dollar) rencontrent désormais des difficultés
croissantes pour écouler leur produit génétiquement
modifié. Par ailleurs, le moratoire imposé par l'Union
Européenne sur l'utilisation des farines animales suscite une
forte hausse de la demande en protéines végétales
: l'arachide, non génétiquement modifiée jusqu'à
ce jour, pourrait bénéficier de cette conjoncture favorable
si les pays producteurs savent l'exploiter. L'évolution de la
demande se caractérise par des exigences qualitatives croissantes
(sanitaires, nutritionnelles, commerciales) dont l'amélioration
variétale et les dispositifs d'approvisionnement en semences
devront tenir compte. Les petites exploitations traditionnelles ne pourront
profiter de ces perspectives que dans la mesure où elles disposeront
d'un matériel végétal de qualité en quantité
suffisante : ce facteur limitant bloque actuellement le développement
de la production arachidière dans les pays du Sud ainsi que l'
accès de ces pays au marché international.
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