S o m m a i r e
La plante et les produits : Présentation générale
Caractéristiques
morphologiques et développement de la plante
Origine
du genre Arachis et extension de l'espèce hypogaea
Mode de reproduction et amélioration variétale
Les produits arachidiers
Influence
des facteurs et conditions du milieu
Le sol
La
température et l'ensoleillement
Le
régime hydrique
Caractéristiques
agro-économiques générales
Données
économiques de base
Les conditions de la production en milieu paysannal
La
culture : Itinéraire technique
Mise en
place de la culture
Entretien et irrigation
Fumure et défense des cultures
Technologie post-récolte
Perpectives
de la filière
Évolution
de la filière
Situation et perspectives de la recherche arachidière
L'arachide
Arachis hypogaea L., famille des Fabacées (syn. Papilionacées),
ordre des Légumineuses, anglais : Groundnut (UK), Peanut (USA),
espagnol : Mani, portugais : Amendoim.
|
La plante et les produits
: Présentation générale
|
Caractéristiques morphologiques
et développement de la plante
L'arachide cultivée est une légumineuse annuelle de 30
à 70 centimètres de haut, érigée ou rampante.
La partie aérienne est portée par une tige principale, toujours
érigée, et deux ramifications latérales primaires
issues du collet de la plante. Les feuilles sont composées de deux
paires de folioles elliptiques opposées au bout d'un pétiole
inséré sur des ramifications alternes ou séquentielles.
Les fleurs jaunes ou orangées, papilionacées, prennent
naissance à l'aisselle des feuilles. Elles flétrissent rapidement.
La base de l'ovaire fécondé s'allonge pour former un pédoncule
appelé gynophore qui s'enfonce dans le sol où se forme le
fruit (gousse) composé d'une coque indéhiscente contenant
de 1 à 4 graines. Le système racinaire pivotant permet d'explorer
un volume de sol important. Il porte des nodosités fixatrices d'azote
atmosphérique, caractéristiques des légumineuses,
qui permettent à la plante d'enrichir le sol en azote lorsque les
conditions sont par ailleurs satisfaisantes : les apports sont alors importants
et ont un effet positif sur la céréale qui suit l'arachide
dans la rotation. Le bon fonctionnement de ces nodosités est commandé
par divers facteurs, dont la présence active de bactéries
fixatrices dans le sol.
La graine est non-dormante dans le groupe Virginia, dormante dans les
groupes Spanish et Valencia (voir tableau I). Elle lève au bout
de 3 à 4 jours ; la plante aura un développement végétatif
limité jusqu'au début de la floraison qui commence de 25
à 30 jours après semis (JAS) et se poursuivra tout au long
du cycle, avec un maximum entre 40 et 60 JAS. 10 à 20 % des
fleurs seulement donneront des gousses qui parviendront à maturité
; les gynophores émis dans la partie haute de la plante ne parviendront
pas au sol et les dernières gousses formées ne seront pas
mûres à la récolte. Diverses techniques culturales,
telles que le semis en poquets surbaissés et le buttage pratiqué
au moment approprié, permettent d'améliorer dans une certaine
mesure le rapport gousses/fleurs.
Origine du genre Arachis
et extension de l'espèce hypogaea
L'arachide est originaire du bassin amazonien où sont localisées
toutes les espèces du genre Arachis (plus de 70 ont été
identifiées à ce jour), parmi lesquelles seule A. hypogaea
a été durablement domestiquée. Sa dissémination,
à partir du XVIe siècle, s'est faite en direction de l'extrême
orient sur l'axe espagnol Pérou-Philippines et en direction de
l'Afrique sur l'axe portugais Brésil-côte ouest africaine.
L'introduction au nord du Mexique aurait eu lieu postérieurement
en provenance de l'Afrique.
La plante a ensuite progressivement couvert la totalité des zones
tropicales à partir des deux centres de diversification secondaire
constitués par l'Afrique de l'Ouest et le Sud-Est asiatique, d'où
sont issus les types variétaux exploités par la sélection
arachidière pour aboutir aujourd'hui à une collection de
plus de 15 000 variétés conservées par un centre
international localisé en Inde. La culture déborde très
largement son aire d'origine, puisqu'on la retrouve jusqu'aux 40e parallèles
nord et sud et sur tous les continents lorsque les étés
chauds permettent à la plante de boucler son cycle malgré
la latitude élevée.
Mode de reproduction et amélioration
variétale
L'arachide cultivée (A. hypogaea) est un hybride naturel
stabilisé par doublement des chromosomes (2 n = 40, allotétraploïde)
à partir de deux parents sauvages non identifiés. On distingue
deux sous-espèces et trois groupes variétaux correspondant
aux types Virginia, Valencia et Spanish dont les caractéristiques
sont données sur le tableau 1.
Tableau 1.
Classification et principales caractéristiques de l'espèce
Arachis hypogaea
|
Genre
|
Arachis
|
|
Espèce
|
hypogaea
|
|
Sous-espèces
|
hypogaea
|
fastigiata
|
|
Variétés
|
Hypogaea
|
Vulgaris
|
Fastigiata
|
|
Types
|
Virginia
|
Spanish
|
Valencia
|
|
Port
|
Érigé/rampant
|
Érigé
|
Érigé
|
|
Ramification
|
Alterne
|
Séquentielle
|
Séquentielle
|
|
Fleurs
sur tige principale
|
Non
|
Oui
|
Oui
|
|
Couleur
feuillage
|
Vert foncé
|
Vert clair
|
Vert clair
|
|
Cycle
|
120-150
J
|
90 J
|
90 J
|
|
Dormance
|
Oui
|
Non
|
Non
|
|
Gousses
(cavités)
|
2 c.
|
2 c.
|
3-4 c.
|
La plante est autogame (le taux d'allogamie est généralement
inférieur à 0,5 %), la fertilisation ayant lieu avant
ouverture de la corolle. Les populations naturelles sont donc composées
de types stables qu'il est possible d'isoler, de multiplier et de croiser
entre eux : la diversité variétale actuelle est due essentiellement
à l'action de l'homme (sélection). A signaler l'utilisation,
à ce jour très limitée, d'autres espèces soit
pour la production de fourrage (A. pintoi) soit comme plante de
couverture (diverses espèces sauvages rampantes). Le matériel
sauvage constitue un réservoir génétique potentiellement
intéressant pour l'identification de gènes utilisables en
amélioration variétale, mais aucun croisement interspécifique
ni aucune modification génétique artificielle n'a encore
abouti (en 2003) à des variétés susceptibles d'être
proposées sur le marché semencier.
L'évolution de la demande et les progrès de la sélection
ont conduit à des modifications importantes du matériel
végétal initial : passage des types rampants aux types érigés
à fructification groupée ; extension de variétés
hâtives ou tolérantes à la sécheresse dans
les zones exposées aux aléas climatiques ; variétés
résistantes à certaines maladies virales (rosette) et tolérantes
à diverses maladies fongiques (rouille, cercosporiose) ; variétés
répondant aux normes du marché de l'arachide de bouche ;
variétés adaptées à la culture irriguée.
Les programmes de sélection en cours sont orientés sur l'amélioration
sanitaire du produit (tolérance à Aspergillus flavus,
champignon qui propage une toxine cancérigène, l'aflatoxine),
à l'amélioration de sa valeur nutritive (optimisation du
taux d'acides aminés et d'acides gras essentiels), à la
résistance aux prédateurs et maladies, aux stress abiotiques
(salinité, acidité, ombrage). La diffusion de ces variétés
est limitée par le faible pouvoir multiplicateur de l'arachide
et par les difficultés de onservation, surtout en milieu paysannal
traditionnel.
Les produits arachidiers
L'arachide est consommée soit en graine (après décorticage
des gousses), soit sous forme d'huile (après trituration industrielle
ou artisanale des graines), soit sous des formes plus ou moins élaborées
issues du marché de l'arachide de bouche et de confiserie ("
beurre ", pâte, farine, confiserie, etc.). Les sous-produits
donnent lieu à des utilisations diverses : fourrage pour les pailles
; combustible, compostage, panneaux d'agglomérés pour les
coques vides ; alimentation humaine ou animale pour les tourteaux.
Figure 1. Séquence
des principales opérations de transformation

Les pourcentages
indiqués représentent des moyennes.
Taux d'extraction industriel moyen en poids huile raffinée sur
gousses : un tiers.
Au plan nutritionnel, la teneur de l'huile d'arachide
en acides gras essentiels est très proche de l'optimum défini
par les nutritionnistes, notamment en ce qui concerne les acides gras
mono-insaturés (tableau 2). Prédominants dans l'huile d'arachide
comme dans l'huile d'olive, leur rôle dans la prévention
de l'athérosclérose a été démontré.
Tableau 2.
Composition en acides gras de l'huile d'arachide
| |
Recommandations
FAO
|
Huile
d'arachide (Sénégal)
|
|
Acides
gras saturés
|
25%
|
21% (palmitique)
|
|
Acides
gras monoinsaturés
|
50%
|
58% (oléique)
|
|
Acides
gras polyinsaturés
|
25%
|
21% (linoléique)
|
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|
Influence des facteurs
et conditions du milieu
|
Le sol
Les sols doivent être suffisamment meubles ou ameublis
pour permettre la pénétration des gynophores puis l'arrachage
des gousses mûres. De plus, l'arachide requiert des sols bien drainés
et aérés car les échanges respiratoires des gousses
en formation sont élevés. Les sols à texture fine,
meubles et perméables, et en particulier les sols sableux, sont
ceux qui conviennent le mieux. La culture d'arachide sur sols lourds et
argileux n'est conseillée que si le recours à la mécanisation
et l'irrigation au moment opportun sont possibles.
L'arachide est sensible à la salinité et à l'acidité
des sols. Les sols très acides (pH inférieur à 5)
ou déficients en CaO peuvent induire des toxicités aluminiques
ou ferriques ; l'acidité inhibe le développement des bactéries
fixatrices d'azote, ce qui est décelable à l'aspect chlorotique
du feuillage et à l'absence de la coloration rouge, à l'intérieur
des nodosités, qui caractérise la présence de bactéries
actives.
La température et l'ensoleillement
Les températures inférieures à 15 degrés
et supérieures à 45 degrés ralentissent ou bloquent
la croissance, l'optimum se situant entre 25 et 35 degrés. Les
températures trop basses ou trop élevées, auxquelles
on s'expose sous les climats tempérés et en contre-saison
chaude ou froide dans les zones tropicales, ont donc pour effet de prolonger
le cycle, voire de bloquer définitivement la germination ou le
développement : des variétés de 90 jours en Afrique
de l'Ouest pourront mettre 130 à 150 jours pour parvenir à
maturité dans le midi de la France, ce qui les expose au froid
en début et en fin de cycle.
L'arachide est peu sensible à la photopériode, mais les
longs jours ont un effet positif sur la productivité : les semis
précoces (lorsque la pluviométrie où l'irrigation
le permet) seront donc préférés. Les déséquilibres
se traduisent fréquemment par un rapport fanes/gousses défavorable,
que l'on observe également en zone équatoriale et dans les
cultures sous plantations arbustives, lorsque l'ensoleillement devient
limitant.
Le régime hydrique
L'arachide présente des stades de sensibilité variables
à la sécheresse : les besoins en eau sont élevés
au moment de l'imbibition de la graine, qui une fois la germination amorcée
craindra l'excès d'eau. La période de floraison-formation
des gousses (30-70 jours après semis) correspond à une phase
de sensibilité à la sécheresse, alors que la phase
finale de maturation sera favorisée par une sécheresse relative,
des pluies à ce stade pouvant en outre provoquer des germinations
sur pied chez les variétés non dormantes. Une pluviométrie
comprise entre 500 et 1 000 mm pendant la saison de culture
permet généralement d'obtenir une bonne récolte,
mais la bonne répartition des pluies en fonction du cycle de la
variété est plus importante que le total pluviométrique
: des rendements supérieurs à 1 tonne/ha en grande culture
ont été obtenus au nord Sénégal, sous 350
mm de pluies concentrées sur trois mois, avec la variété
hâtive tolérante à la sécheresse 55-437. L'irrigation
d'appoint permettant d'intervenir en période de stress hydrique
ou de sensibilité maximale, conduit souvent à une amélioration
substantielle (y compris qualitative) au prix d'un investissement minime.
L'utilisation de variétés tardives, à forte productivité,
sera alors préférée.
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|
Caractéristiques
agro-économiques générales
|
Données économiques de base
L'arachide (données moyennes 1999-2002) représente 12%
de la production mondiale de graines oléagineuses, 7% de la production
mondiale et 1% du marché international des huiles alimentaires.
90% de la production sont assurés par les pays du Sud, dont la
CHINE (12 millions de tonnes) L'INDE (7 M) et l'AFRIQUE (6 M)
; les pays producteurs absorbent 90% environ de la production totale dont
50% est triturée aux niveaux familial, artisanal ou industriel.
Le marché de l'exportation est dominé par les USA et l'Union
Européenne est le principal importateur. La plus grande part des
transactions internationales se fait en graines sur le marché très
rémunérateur de l'arachide de bouche dont les refus sont
triturés en huilerie.
Le marché des oléoprotéagineux (plantes fournissant
de l'huile et des protéines en quantités exploitables),
auquel appartient l'arachide, est dominé par le soja. Le tableau
3 donne des éléments de comparaison entre les principaux
oléoprotéagineux intervenant sur le marché international.
L'arachide est la plus riche en teneurs cumulées huile + protéines.
Son huile bénéficie d'un surprix de 30 % au moins par
rapport aux autres huiles, qui sont subventionnées (colza, tournesol),
font l'objet d'un quasi-dumpage lié à l'aide alimentaire
(soja) ou constituent un sous-produit par rapport à un débouché
principal (coton).
Tableau 3 :
Oléoprotéagineux : indicateurs agro-économiques
| |
Teneur
en huile
(%) |
Teneur
en prot.
(%) |
Productions
(Mt) |
Exportations
(Mt) |
Trituration
(Mt) |
Cours moyen USD/t
Octobre 2001
|
| Graines |
Huile |
Tourteau |
| Soja |
21 |
40 |
169 |
45,61 |
140,6 |
186 |
334 |
206 |
| Coton |
20 |
23 |
33,07 |
0,96 |
24,65 |
- |
360 |
176 |
| Tournesol |
45 |
22 |
39,05 |
9,73 |
36,44 |
221 |
438 |
158 |
| Colza |
45 |
22 |
39,05 |
9,73 |
36,44 |
221 |
438 |
158 |
| Arachide |
50 |
25 |
30,6 |
1,44 |
14,68 |
720 (*) |
665 |
180 |
(*) Graines
triées 40/50 à l'once
Données 1999 et 2000 | Sources FAO, USDA, CIRAD & Public Ledger
Les conditions
de la production en milieu paysannal
La production arachidière mondiale est assurée, pour plus
de 85 %, par de petites exploitations paysannales asiatiques et africaines
dont le mode de production est caractérisé par :
la culture manuelle éventuellement combinée avec la traction
attelée ;
une
faible consommation d'intrants onéreux ;
une
stratégie de réduction du risque, dans le cadre de rotations
ou d'associations diverses où dominent les céréales
(sorgho, mil, maïs, riz).
La rusticité de la plante et sa plasticité lui valent d'être
souvent reléguée sur des sols peu fertiles et dans des régions
à pluviométrie limitante : les rendements sont alors inférieurs
à une tonne par hectare en culture extensive. Dans ce contexte
caractéristique des savanes sèches africaines, les points
sensibles de la filière sont :
la
disponibilité en semences, limitée par la fragilité
et le faible taux de multiplication de la graine d'arachide ;
les
aléas d'une commercialisation locale hasardeuse qui n'incite
pas le producteur à intensifier sa production ni à consentir
des efforts sur le plan de la qualité ;
les
contraintes d'un marché international de plus en plus exigeant
au plan des caractéristiques technologiques et sanitaires des
produits.
L'arachide n'en présente pas moins de nombreux avantages et des
perspectives intéressantes pour les petits producteurs et les économies
des pays du Sud, aux plans :
agronomique,
lié à l'introduction d'une légumineuse dans des
rotations à forte dominante céréalière ;
nutritionnel,
lié à un apport lipidique et protéinique substantiel
dans des régimes alimentaires à très forte dominante
glucidique ;
économique, lié à la diversité des produits
arachidiers susceptibles d'être auto-consommés ou vendus.
Tableau 4 :
Les systèmes de culture arachidière : caractérisation
et perspectives d'évolution.
|
Caractérisation
agro-économique
|
Diagnostics
et perspectives d'évolution
|
|
I.-
Filière vivrière traditionnelle
|
| Systèmes
traditionnels en économie fermée, rôle alimentaire
direct important, culture pluviale, manuelle, associée majoritaire,
pas de recours aux intrants onéreux et faible excédent
commercialisable : la zones inorganisées, enclavées
ou forestières d'Afrique et du Sud-Est asiatique. |
Enclavement,
absence de débouchés : les facteurs externes dominent.
Les efforts devront porter en priorité sur les infrastructures
de base et la logistique (voies d'accès, préparation
du sol, outillage, dispositif adapté de séchage/conditionnement/stockage
à la ferme). Introduire variétés améliorées
avec renouvellement périodique des semences |
|
II.-
Filière traditionnelle monétarisée
|
| Systèmes
traditionnels ouverts sur un marché local, évolution
vers la culture pure et l'utilisation d'intrants de base, culture
pluviale ou irriguée avec recours partiel à la traction
animale : situation dominante en Afrique, Inde, Sud-Est asiatique. |
Stade évolutif
très ouvert au progrès technique, à condition
que soient maîtrisés les deux points sensibles de la
filière : en amont l'amélioration variétale et
l'accès à des semences de bonne qualité, en aval
des conditions incitatives de commercialisation. Efforts à
porter sur les aspects quantitatifs de la production (productivité
du sol et du travail). |
|
III.
Ouverture sur le marché international
|
Deux
types de situations sont à considérer :
Systèmes paysannaux avec organisation de la filière
: associations paysannes, accès aux intrants, crédit
et commercialisation organisés, implication d'opérateurs
agro industriels locaux et internationaux : certaines zones
d'Afrique de l'Ouest (Sénégal, Gambie) et australe,
Chine, Inde.
|
| Systèmes
mécanisés intensifs : situation caractéristique
des pays développés, avec rente foncière
élevée, forte consommation d'intrants et faible
recours à une main-d'uvre onéreuse. Orientation
" bouche " exclusive (l'huilerie ne traite que les
refus) avec quotas de production subventionnée : USA
(premier exportateur mondial). |
|
Situation
très sensible aux récents changements structurels
: libéralisation, désengagement de l'Etat. Les
composantes socio-économiques de la filière (organisation
des producteurs, crédit ...) sont à redéfinir
en conséquence. Réorienter la production sur l'arachide
de bouche et sur le traitement industriel et artisanal des produits.
Insister sur les aspects qualité technologique et sanitaire
et sur l'intensification (intrants, irrigation, critère
" bouche ").
|
| Situation très
sensible à la nouvelle situation internationale résultant
des dispositions du GATT qui expose les USA à la concurrence
des pays du Sud : l'accent est mis sur la réduction des
coûts de production, sur l'élévation des
normes de qualité (contrôle de l'aflatoxine) et
sur les aspects diététiques (composition et teneur
en acides gras, allergies...). |
|
Le marché international, encore restreint, est axé
sur deux filières différentes mais complémentaires
: l'arachide de bouche, aux exigences qualitatives élevées
et à fort revenu ; l'arachide d'huilerie et ses dérivés
(tourteaux), moins rémunératrice, composée souvent
(aux USA par exemple) par les refus de l'arachide de bouche. Le degré
d'ouverture sur un marché très sélectif constitue
donc le principal critère de caractérisation et le principal
facteur d'évolution des systèmes de culture arachidière
tels que décrits dans le tableau 4.
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|
La culture : Itinéraires
techniques
|
Mise en place de la culture
On distingue trois opérations :
Préparation
des semences : en milieu paysannal, les semences sont conservées
ou achetées en coque, afin de conserver le plus longtemps possible
leur protection naturelle. Le décorticage mécanique à
l'aide d'appareils rudimentaires ou mal réglés, de lots
eux-mêmes souvent hétérogènes, brise une
proportion non négligeable des graines. Le rendement en semence
est alors généralement inférieur à 50 %.
Le décorticage manuel est préférable, d'autant
qu'il peut être effectué en morte saison par la main-d'uvre
familiale. Prévoir 10-15 kg par jour et par personne de graines
triées. Il est recommandé de traiter ces semences avant
semis. La vérification de la qualité semencière
peut être effectuée au moyen d'un test simple (germination
sur sable humidifié et comptage des graines germées au
bout de quatre jours). Un lot destiné à être utilisé
comme semences devra présenter un taux de germination de 85 %
au moins (ce test indicatif n'a aucune valeur réglementaire).
Préparation
du sol : choisir un terrain n'ayant pas porté d'arachide
la saison précédente. Brûler ou évacuer les
débris végétaux et effectuer une façon culturale
légère (passage croisé de houe) dès que
le sol aura été humecté par une pluie. Le sol est
alors prêt à recevoir la semence. Le labour, pratiqué
dans certaines situations (sol lourd, enherbement particulièrement
vivace) est une opération contraignante rarement justifiée
sur sol sableux ; l'arachide y répond peu ou mal. Le billonnage,
traditionnel dans certaines régions, est justifié sur
sols gravillonnaires, peu profonds, peu perméables, exposés
au ruissellement, fréquents en zone soudano-guinéenne
d'Afrique.
Date
et mode de semis : la date de semis devra avoir pour effet de caler
le cycle de la plante en fonction de la répartition prévisible
des pluies et des autres paramètres climatiques, avec un impératif
majeur : semer le plus tôt possible en sol bien humide. Le semis
pourra avoir lieu si la température du sol atteint 20 degrés
à 4 cm de profondeur pendant trois jours consécutifs lorsque
la température est limitante (indicateur utilisé en Australie)
; en zone de savanes sèches ouest-africaines, où l'eau
est le facteur limitant, le semis est effectué traditionnellement
sur la première pluie de 20 mm au moins postérieure au
30 juin. Les paysans ne sèmeront qu'une seule journée
pour 20 mm et prolongeront le semis de 24 heures par tranche de 10 mm
de pluie supplémentaire. En régime unimodal une pluviométrie
utile de 400 mm/an répartis sur 4 mois permet de cultiver les
variétés hâtives (90 jours) ; les semi-tardives
(120 jours) seront cultivées sous 600 à 900 mm en 5 mois
tandis que les tardives seront réservées aux zones à
plus de 900 mm de pluie utile.
Le
mode de semis doit conduire à respecter des écartements
moyens de 60 x 15 cm (110 000 pieds/ha, 50-60 kg
de graines/ha) pour les grosses graines de type Virginia et de 40 ´
15 cm (170 000 pieds/ha, 50-60 kg de graines/ha) pour les petites graines
de type Spanish où Valencia. Le poids de graines nécessaire
pour ensemencer un ha, ou " valeur culturale ", se situe entre
120 et 150 kg/ha de coques, selon la variété et la qualité
des semences. Des semoirs monorangs à traction animale permettent
à un attelage de semer un ha en huit heures contre dix hommes
par jour par hectare pour le semis manuel. Des modèles plus élaborés
existent (multirangs), ainsi que de plus simples (roues à godets
matérialisant les trous de semis à l'écartement
requis).
Entretien et irrigation
Travail
du sol : un ou deux binages, ou un rebillonnage, seront suffisants
lorsque le sol aura été préalablement labouré
ou billonné. Lorsque l'arachide aura été cultivée
à plat sans labour (cas le plus fréquent), plusieurs interventions
seront nécessaires selon la virulence de la flore. Dans tous
les cas, le premier binage est important car la jeune plante est très
sensible à la concurrence des adventices ; il devra être
effectué à la main sur la ligne, les autres binages étant
limités à l'interligne. On prendra bien garde, à
partir du 40e jour, à ne pas déterrer les gynophores.
L'utilisation raisonnée d'herbicides de préémergence,
en combinaison avec le travail du sol, permet de retarder le premier
binage qui correspond à une période de pointe du calendrier
agricole, mais la nécessité demeure d'ameublir le sol
au moins une fois au cours du cycle. Divers produits herbicides ont
été testés (l'arachide présente une bonne
tolérance aux herbicides de préémergence, grâce
à sa plantule vigoureuse et à son enracinement rapide
et profond). Citons les produits à base de métolachlor,
de prometryne, de trifluraline.
Irrigation
: ce mode de production coûteux sera réservé à
l'arachide de bouche d'exportation et à la sécurisation
du capital semencier. Le calage de l'arachide dans le cycle de culture
devra tenir compte du froid, qui provoquera un ralentissement de la
croissance (novembre-février en hémisphère nord)
et des pluies, qui rendent difficile les opérations de battage-séchage.
La saison sèche chaude est la plus favorable : en hémisphère
Nord, elle permet un cycle de hâtives entre février et
mai ou de semi-tardives entre février et juin. L'irrigation permet
toujours une augmentation sensible de la production de gousses et une
augmentation très considérable de la production de fanes,
ce qui constitue un appoint financier substantiel dans les zones où
sont implantés les périmètres irrigués ouest
africains et indiens. Dans les zones où l'irrigation est traditionnelle
(sud-est asiatique), la priorité absolue est accordée
à la céréale (riz généralement) ou
à la culture dominante (tabac, maïs), l'arachide étant
alors conduite en culture dérobée ou intercalaire avec
des rendements moyens ou faibles. Il est recommandé d'assurer
un apport d'eau important aux phases critiques du développement
: saturer le profil avant le semis, puis en période de forte
floraison et de formation des gousses. Ménager un léger
déficit hydrique avant floraison, puis en fin de cycle afin d'assurer
une maturation plus uniforme. La norme moyenne, en contre-saison et
en zone sub-sahélienne, est de 4 000 à 6 000 mètres
cubes par hectare par aspersion et de 6 000 à 10 000
mètres cubes par hectare par gravité.
Fumure et défense
des cultures
Fertilisation
: une fumure minérale annuelle légère NS-P-K ou
S-P procure sur l'arachide une plus-value intéressante encore
valorisée par une fumure organique à apporter de préférence
sur la céréale cultivée en rotation. A ce schéma
de base, qui correspond aux recommandations théoriques destinées
aux petits producteurs des pays du Sud, s'ajoute la fumure calcique
destinée à corriger l'acidité des sols et à
améliorer la qualité technologique du produit (semences
et arachide de bouche). Les doses et formes d'apports sont généralement
calculées sur une base annuelle et dans la perspective d'une
rentabilité l'année même de leur application : c'est
dire qu'elles ne compensent pas les exportations des cultures. En Afrique
de l'Ouest et Centrale, seul le Sénégal vulgarise diverses
formules correspondant à des proportions variables de NS-P-K
(6-20-10 dans le bassin arachidier Sud), ainsi que 500 kilos par hectare
de plâtre agricole ou phosphogypse réservés aux
multiplications semencières de premières générations.
Dans les autres pays producteurs ouest africains, les fumures préconisées
sont composées de super-phosphate simple (60 à 100 kilos
par hectare) ou d'engrais coton selon disponibilité. L'utilisation
d'engrais, en fait, connaît un fort déclin lié à
la disparition des structures et dispositifs d'aide au monde rural (crédit,
subventions, sociétés de développement), alors
que la réduction des jachères conduit à un déclin
alarmant de la fertilité des sols notamment dans les zones arachidières
des savanes africaines.
Protection
contre ravageurs et maladies : l'arachide, bien que moins exposée
que d'autres légumineuses tropicales (niébé et
soja), est sensible à des maladies et ravageurs divers contre
lesquels l'agriculteur se protège en utilisant des variétés
tolérantes ou résistantes (notamment à la rosette),
en appliquant des mesures agronomiques préventives d'efficacité
partielle et en recourant aux traitements chimiques, en fait limités
aux deux extrémités du cycle : le traitement fongicide
des semences et le traitement insecticide des stocks individuels ou
collectifs. Des traitements à grande échelle contre les
nématodes, ainsi que d'autres actions telles que l'utilisation
d'appâts empoisonnés contre les iules (myriapodes), ont
donné de bons résultats dans les conditions privilégiées
(projets) où ils étaient appliqués, mais n'ont
pas été diffusés durablement faute d'appui technique
et d'incitations économiques suffisantes.
Traitement des semences : il est recommandé d'effectuer un enrobage
à sec des graines de semences avec un produit fongicide auquel
on ajoute parfois un insecticide à titre répulsif. L'effet,
en termes de pourcentage de graines germées, est toujours important
et parfois considérable (30 % et plus) si les graines ont été
semées dans des conditions d'hygrométrie défavorables,
trop profondément ou trop superficiellement. L'opération
s'effectue soit par brassage manuel dans une bassine, soit dans un tambour
mélangeur constitué d'un fût posé sur un
trépied actionné par une manivelle servant d'axe décentré.
La formulation sera fonction des produits recommandés ou disponibles
localement ; citons la formulation commerciale GRANOX employée
au Sénégal à la dose de 2 (100 grammes pour
50 kilos de graines), composée de Captafol + Benomyl + Carbofuran
en proportions 10-10-20, le reste étant composé de poudre
adhésive (talc ou attapulgite).
Traitement
des stocks : l'insecte le plus nuisible à ce stade est la bruche
de l'arachide (Caryedon fuscus), présente aux champs à
la récolte et sur certaines légumineuses pérennes
toute l'année. Les petits lots mal protégés par
un effet de masse insuffisant peuvent être détruits en
une intersaison. Différentes méthodes de lutte peuvent
être préconisées (sous réserve de l'agrément
des produits) :
- comprimés de phosphure d'aluminium dans des récipients
métalliques hermétiques (actions d'autant moins efficace
que l'air est plus sec) ;
- traitement sous bâches par fumigation au gaz toxique (bromure
de méthyle lorsqu'il est autorisé) : 48 heures à
la dose de 30 g/m3, suivi de ventilation forcée. Ne traiter
que des arachides bien sèches si l'on souhaite les utiliser
comme semences ;
- poudrage insecticide réalisé à mesure du remplissage
des magasins ou de la constitution des tas, complété
par un traitement de couverture en surface (sacs ou coques en vrac).
Selon les réglementations en vigueur sont utilisés K-othrine,
Actellic, Bromophos, Iodophenphos, parfois en panachage.
Technologie post-récolte
La récolte de l'arachide est suivie du séchage et du battage,
l'ordre de ces deux opérations pouvant être inversé.
La teneur en eau des gousses passe ainsi de 30-40 % à la récolte
à 6-8 % avant stockage.
Récolte
: le critère de maturité le plus net est le dessèchement
du parenchyme interne des gousses qui devient brunâtre. Dès
avant la date théorique de fin de cycle, procéder à
des sondages et procéder à l'arrachage lorsque 70-80 %
des gousses présentent le caractère ci-dessus. L'arrachage
peut être manuel en sol meuble. Sinon, sectionner (avec un outil
manuel, une houe ou tout autre souleveuse adaptée) le pivot racinaire
à 10-15 centimètres sous terre. Secouer pour éliminer
la terre et laisser ressuyer en andains gousses en l'air.
Séchage
: des gousses fraîches ne peuvent être stockées sans
s'échauffer. En cultures traditionnelles de savane sèche,
mettre en meules au bout de deux jours, gousses vers l'intérieur
en aménageant une cheminée centrale d'aération.
Laisser sécher au moins trois semaines. En climat humide, opérer
un séchage sur perroquet ou sur un bâti surélevé,
finir le séchage en couches minces sous abri.
Un séchage artificiel pourra être conduit dans des séchoirs
de type riz en respectant les règles suivantes :
- hauteur optimale : de 0,6 m pour 35 % d'humidité à
3 m pour 20 % d'humidité ;
- ne pas dépasser 35 degrés pour l'air soufflé
à travers la masse, ou mieux ne pas dépasser de 5 degrés
la température ambiante ;
- adopter un débit moyen compris entre 300 et 600 m3/h et par
m3 d'arachide ;
- procéder en deux temps : une phase rapide et une phase lente
de finissage.
Égoussage
: en culture traditionnelle, l'égoussage manuel aboutit à
un produit parfait et préserve les fanes. Des bâtons, fléaux
et divers types de batteuses mécaniques inspirées des
batteuses à riz sont utilisés. Il faudra ensuite vanner
pour séparer les gousses des brisures. Des précautions
particulières seront prises pour traiter les semences et l'arachide
de bouche. Des batteuses mobiles ou à postes fixes sont utilisées
dans les pays de culture mécanisée, les plus performantes
intervenant directement après arrachage et déversant le
produit dans des vannes équipées de séchoirs.
Stockage
: le stockage individuel (semences et auto-consommation) est aléatoire,
notamment après décorticage. Le stockage collectif, villageois
ou industriel, est toujours préférable.
L'opération devra obéir aux règles suivantes :
- s'assurer de la propreté et de la sécheresse des
coques à traiter ;
-procéder, si possible, à une désinsectisation
au gaz toxique sous bâches ;
- nettoyer et désinsectiser préalablement le magasin
et la sacherie ;
- poudrer avec un insecticide à mesure du stockage (vrac) ou
du remplissage des sacs et faire un poudrage final de couverture ;
-effectuer un contrôle par échantillonnage toutes les
trois semaines.
Le stockage des graines devra être limité aux produits finis
avant expédition (bouche) ou distribution (semences). Il nécessitera
des précautions et des infrastructures particulières (entreposage
sous bâches, magasin climatisé ou réfrigéré
lorsque la période de stockage excède huit mois).
Temps de travaux : les temps de travaux cités au tableau 5 ont
été relevés dans trois situations correspondant à
la culture manuelle intégrale, à la culture attelée
et à la culture motorisée correspondant à un niveau
moyen (USA en 1970).
Tableau 5. Temps de travaux
pour la culture de l'arachide (heures par hectare)
| |
Culture
|
| |
Mécanisée
(USA 1970)
Tracteur
|
Attelée
(Sud Sénégal) Cheval
|
Manuelle
(Congo)
|
|
Préparation
terrain
|
7,5
|
30
|
120
|
|
Décorticage
semences
|
-
|
90
|
100
|
|
Semis
|
5,3
|
15
|
120
|
|
Épandage
engrais
|
-
|
10
|
-
|
|
Entretien
|
41
|
85
|
160
|
|
Traitement
|
1,5
|
-
|
-
|
|
Arrachage,
meules
|
-
|
100
|
70
|
|
Battage
|
50
|
60
|
240
|
|
Total
|
105,3
|
390
|
810
|
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Perpectives de la
filière
|
Évolution de la filière
La filière arachide, à l'aube du XXIe siècle, est
caractérisée par :
une
augmentation lente et constante de la production, passée de 23
à 30 millions de tonnes (coques) en une décennie, imputable
pour l'essentiel à des progrès considérables de
la productivité aux USA et en Chine et accessoirement à
des accroissements de superficies difficilement vérifiables en
Afrique (Nigeria) ;
une
monétarisation croissante de la production dans des zones jusque-là
vouées à l'auto- consommation, liée au développement
de marchés urbains et de réseaux d'approvisionnement informels
mal connus ;
la
régression des exportations de produit brut (coques et graines
non triées en vrac) au profit de l'industrie locale et surtout
d'un secteur artisanal en fort développement, parallèlement
avec la régression des ventes de tourteaux qui compromet la rentabilité
de la filière huilerie industrielle (Sénégal) ;
une
évolution croissante du marché vers le secteur le plus
rémunérateur : l'arachide de bouche, au détriment
de la filière huilerie en déclin au plan international
;
la
régression du secteur para-étatique (sociétés
de développement et de commercialisation) et une transition difficile
vers la privatisation de la filière dans un contexte institutionnel
encore mal stabilisé dans beaucoup de pays du Sud ;
le
durcissement des normes de qualité technologique et surtout sanitaire
(contrôle de l'aflatoxine) imposé par les pays importateurs
(UE surtout), auquel les pays du Sud devront s'adapter s'ils veulent
rester présents sur le marché ;
l'émergence
sur le marché de producteurs asiatiques (Vietnam) et de clients
potentiels (Europe de l'Est) susceptibles de modifier l'équilibre
actuel des forces dans un sens encore incertain ;
Les
perspectives nouvelles ouvertes par le contexte de pénurie en
matières riches en protéines, consécutif au moratoire
imposé sur l'utilisation des farines animales et l'interdiction
de l'utilisation des protéines issues d'OGM, pour l'alimentation
du bétail dans l'Union Européenne. Cette situation, si
elle perdure, placerait les tourteaux d'arachide en concurrence avantageuse
par rapport au tourteau de soja.
Situation et perspectives de
la recherche arachidière
Les enjeux de la recherche arachidière sont déterminés
par une double nécessité :
améliorer
durablement la productivité dans le contexte des petites exploitations
des PVD ;
améliorer
la qualité des produits en réponse à la demande
des marchés tant locaux qu'internationaux. Ceci implique que
des actions de recherche soient conduites à plusieurs niveaux
:
- développer les travaux d'agro-physiologie pour l'étude
des composantes du rendement afin de définir les stades de
sensibilité et d'identifier les causes des limitations du rendement,
dans le but de raisonner les interventions agronomiques, de les déclencher
à bon escient et d'en optimiser les effets (fertilisation,
irrigation, cohérence des itinéraires techniques),
- définir des itinéraires techniques intégrant
les aspects agronomiques et socio-économiques afin d'insérer
l'arachide dans des systèmes de culture pluviaux et irrigués
reproductibles adaptés aux grandes zones agro-écologiques
: savane sèche, savane humide, zones bi-modales, cultures irriguées,
- améliorer la qualité sanitaire, nutritionnelle et
technologique des produits arachidiers en intervenant à plusieurs
niveaux :
- la sélection : tolérance à la sécheresse,
à l'aflatoxine, aux maladies et prédateurs ; amélioration
de la composition en acides aminés et acides gras essentiels
;
- la phytotechnie : développer les méthodes agronomiques
préventives de la sécheresse (en combinaison avec
l'irrigation), des maladies et des prédateurs (en combinaison
avec les traitements chimiques) ;
- la technologie post-récolte : contribuer à l'amélioration
et à la diversification des produits et sous-produits de
la plante au niveau de l'exploitation : qualité semencière,
arachide de bouche, valeur fourragère des fanes. Permettre
ainsi à l'agriculteur, en participant à la première
transformation, de bénéficier d'une partie de la plus-value
à ce jour réservée aux opérateurs industriels
ou artisanaux.
- L'industrie d'extraction : améliorer la qualité
des tourteaux par la détoxification (élimination de
l'aflatoxine) et la valorisation de la fraction protéique
pour l'alimentation du bétail.
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