Le village de Damé est situé dans la zone forestière de la Côte d’Ivoire, à quelques kilomètres du Ghana. Pour la plupart des habitants, la vie est rythmée par les activités aux champs, cultures vivrières et cultures d’exportation. L’autosuffisance alimentaire provient essentiellement des parcelles de défriche-brûlis (tubercules, racines et légumes et céréales en intercalaire), et parfois du riz dans les bas-fonds. Dès la seconde année de l'essartage, cacaoyers et caféiers sont plantés massivement en vue de l'exportation et se développent en parallèle aux plantations de palmier à huile et de teck, au maraîchage et à l’élevage des volailles.
Malgré l'abondance et la diversité des produits vivriers chez ces populations forestières, la ration alimentaire est déséquilibrée, notamment chez les plus jeunes. Une enquête nutritionnelle montre notamment que les bouillies traditionnelles ne répondent pas aux besoins des moins de deux ans pendant la période du sevrage. Plus tard, lorsque l’enfant aura accès au plat familial, son alimentation sera plus adaptée sans pour autant faire baisser notablement la malnutrition (13,5%). La production locale de farines infantiles en projet devrait permettre de réduire la dépendance vis à vis de l'extérieur, d'utiliser les savoir-faire endogènes, mais il faudra prendre en compte les questions d'acceptabilité sociale et individuelle de l'innovation.
Terre Nourricière reviendra bientôt présenter ses prochains reportages sur les actions de lutte des ONG et de la recherche contre la malnutrition au Mali, à Madagascar et au Vietnam.
En savoir plus :
Résumé de la conférence
Etat nutritionnel et qualité de l'alimentation des enfant de moins de 2 ans dans le village de Dame (Côte d'Ivoire) .
- Caractérisation et essai d’identification
des déterminants de la malnutrition protéino-énergétique
et des pratiques alimentaires (mémoire présenté par Stéphane Arnaud)
- Identification et estimation de la valeur et de l’apport
nutritionnels des aliments de complémentRésumé de la conférence (mémoire présenté par Hélène Pineau)