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Préparation
du terrain " Certes ces gens sont aujourd'hui, de toute l'espèce humaine en Égypte comme ailleurs, ceux qui se donnent le moins de mal pour obtenir leurs récoltes : ils n'ont pas la peine d'ouvrir des sillons à la charrue et de sarcler, ils ignorent tout des autres travaux que la moisson demande ailleurs. Quand le fleuve est venu de lui-même arroser leurs champs et, sa tâche faite, s'est retiré, chacun ensemence sa terre et y lâche ses porcs : en piétinant, les bêtes enfoncent le grain, et l'homme n'a plus qu'à attendre le temps de la moisson, puis, quand ses porcs ont foulé sur l'aire les épis, à entrer son blé ". Ainsi Hérodote (l'Enquête, II, 14) résume-t-il le cycle du blé, des semailles à la récolte, s'étonnant d'une facilité si étrangère aux conditions de culture que connaît la Grèce, avec ses pauvres terres caillouteuses et arides. En effet, la préparation du terrain est des plus succinctes. On procède avant l'ensemencement à un labour léger, dont on est dispensé si les semailles ont lieu très rapidement après le retrait des eaux, lorsque la terre est encore très molle et boueuse. Après quoi, les semences sont recouvertes soit à la charrue, soit à la houe, soit par un troupeau de moutons. Ces diverses moralités expliquent que sur les bas-reliefs, le semeur précède le plus souvent laboureur, piocheur et troupeau : c'est que l'état du terrain n'a pas rendu nécessaire un labour préalable, qui ne se justifie que si les semailles ont lieu un peu plus tard. Le choix de l'un ou l'autre procédé d'enfouissement est fonction de la consistance de la terre : moutons si elle est encore très fangeuse, charrue si elle est un peu plus sèche, houe sur les hautes terres, comme ont pu l'observer, à la fin du XVIIIe siècle, les savants de la Description de l'Égypte.
Un "modèle"
de bois de la fin de l'Ancien Empire montre d'ailleurs un
paysan brandissant une houe enfoncé jusqu'aux chevilles dans
la terre meuble, tout comme l'idéogramme pour "fonder".
Les représentations égyptiennes montrent des troupeaux de
moutons, appartenant tous à l'espèce à longues cornes,
et non des porcs, comme l'écrit Hérodote. L'usage avait
dû changer entre l'Ancien Empire et le Ve siècle. La charrue,
que l'on connaît à la fois par les représentations,
les modèles et des instruments réels, reste très
simple. Le soc devait en être le plus souvent en bois. Mais telle
quelle, elle devait être suffisamment efficace pour travailler la
riche terre alluviale d'Égypte. |
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Nadine
GUILHOU
UMR 5052 du CNRS Université Paul Valéry, Montpellier Bibliographie P. MONTET, Les scènes de la vie privée dans les tombeaux de l'Ancien Empire, Strasbourg, 1925, p. 180-192 et 199-229. J. VANDIER, Manuel d'archéologie égyptienne VI, Bas-reliefs et peintures, Scènes de la vie agricole à l'Ancien et au Moyen Empire, Paris, 1978, p. 1-57, 80-260 et 264-287. |
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