La mesure des céréales

Les Égyptiens employaient, pour les mesures de céréales, un système de fractions très particulier. Il était fondé sur les différentes parties de l'œil d'Horus qui, selon la légende, avait été déchiré par Seth en quatorze morceaux. L'œil avait été recomposé par Thot, agissant en tant qu'oculiste ; le dieu lui avait restitué ses propriétés originelles en le remplissant de matériaux précieux et de plantes prophylactiques. Évocation de la lune, cet œil était un signe de fertilité et d'abondance.

L'œil d'Horus, qu'on appelle également l'œil oudjat , "l'œil sain", était représenté comme un composé d'œil humain et d'œil de faucon : ce dernier se décomposait ainsi, de haut en bas et de la gauche vers la droite :

l'œil oudjat (œil sain)

1/8e (8/64e)

1/2e (32/64e)

1/4e (16/64e)

1/16e (4/64e)

1/32e (2/64e)
1/64e

= 1/8e (8/64e)


= 1/2e (32/64e)


= 1/4e (16/64e)


= 1/16e (4/64e)



= 1/32e (2/64e)


= 1/64e

La somme de ces fractions (8/64 +32/64 + 16/64 + 4/64 + 2/64 + 1/64) fait en tout 63/64e. Le 1/64e restant était censé être magiquement fourni par le moyen du dieu Thot. Ce moyen de calculer les fractions est mis en place au cours de la XXe dynastie. Ces fractions ne sont employées que pour les céréales, en relation étroite avec une mesure heqat , écrite à l'aide du boisseau :

1) 7

2) 8

3) 9

4) 10

5) 11

6) 12

Cette mesure correspond approximativement à 4, 54 litres.

On s'en sert également pour le calcul des fractions de multiples du heqat  :

1) double héqat, double héqat, double héqat "le double héqat"

2) quadruple héqat, quadruple héqat, quadruple héqat "le quadruple héqat". Cette dernière mesure, connue sous le nom de ipet , à l'époque hyksos, sera employée sous le nom grec oiphi .

Pour des fractions plus petites que 1/64, l'Égyptien recourt à l'unité de mesure unité de mesure (er) ( er ).

En ce qui concerne les multiples de la mesure héqat, l'Égyptien, lorsqu'il place les chiffres avant le boisseau, il indique les centaines :

100 héqat "100 héqat"

200 héqat "200 héqat"

400 héqat "400 héqat"

Mais, derrière, il s'agit de chiffres inférieurs à la centaine :

50 héqat "100 x 1/2 = 50 héqat"

25 héqat "100 x 1/4 = 25 héqat"

En dessous de 50 héqat, les traits se placent derrière le signe du boisseau, héquat :

10 héqat "10 héqat"

20 héqat "20 héqat"

En dessous de 10 héqat , on emploie, selon le même système, des ronds :

2 héqat "2 héqat"

5 héqat "5 héqat"

À partir de la XVIIIe dynastie, on emploie aussi le mot sac (khar) ou sac (khar) khar , qui désigne le sac, qui équivaut à quatre quadruples héqat = 16 héqat .

 

Sydney AUFRERE
UMR 5052 du CNRS
Université Paul Valéry, Montpellier


Bibliographie
A. GARDINER, Egyptian Grammar, being an Introduction to the Study of Hieroglyphs, 3rd Edition, Oxford, 1973
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