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Les greniers
Après la moisson (voir les travaux et les jours), les ânes chargés de couffins sont conduits jusqu'aux greniers.
Là, ils sont déchargés, et l'accès aux greniers se fait à dos d'homme. Les greniers sont essentiellement connus par la documentation du Moyen Empire, avec les modèles et les peintures des tombes, en particulier celles de Beni-Hassan. Les entrepôts sont regroupés au fond d'une cour, ou de part et d'autre de cette cour, entourée d'un mur d'enceinte. Ils sont parfois précédés d'un portique, où les scribes chargés d'enregistrer la récolte peuvent trouver un peu d'ombre. En effet, le grain est d'abord mesuré à l'aide d'un boisseau, sous l'il vigilant des scribes qui notent. Les greniers sont voûtés en berceau ou en coupole, ou bien réunis par un toit plat, en terrasse. Un escalier permet d'y accéder. En effet, le remplissage se fait par le haut. Une porte, située la plupart du temps à mi-hauteur, mais parfois plus près de la base, permet de prélever le grain au fur et à mesure des besoins, grâce à un panneau coulissant verticalement. Certains modèles déposés dans les tombes ont été retrouvés remplis de céréales. Il s'agissait ainsi d'assurer la pérennité du ravitaillement du défunt. Telle est également la fonction des représentations de greniers et, plus largement, de l'ensemble du cycle du blé sur les parois des tombes.
Les
greniers sur les sarcophages du Moyen Empire Les greniers constituent un élément spécifique de la décoration des sarcophages du Moyen Empire. En effet, ils figurent régulièrement à l'intérieur du petit côté pieds du sarcophage. Quelques exemples de la XIe dynastie, comme les magnifiques exemplaires en calcaire des princesses de Deir el-Bahari portent en outre cette représentation à l'extérieur. Ils y sont associés aux sandales. Si la présence des sandales sur le petit côté pieds du sarcophage est tout à fait naturelle, leur association avec les greniers a de quoi surprendre. Deux chapitres des Textes des Sarcophages, recueil funéraire contemporain inscrit sur les mêmes supports, en fournissent l'explication : le grain est le produit de l'eau, flot d'inondation constitué des lymphes du corps d'Osiris, issues d'Éléphantine où était conservé, comme relique, la jambe d'Osiris. Toujours à Éléphantine, on disait que le dieu Khnoum soulevait sa sandale pour laisser passer le fleuve en crue. Ainsi le mort, nouvel Osiris, assurait lui-même son propre approvisionnement dans l'au-delà.
Nadine
GUILHOU Bibliographie
J. VANDIER, Manuel d'Archéologie égyptienne VI, Paris, 1978, p. 198-202 et 273-283. P. BARGUET, Textes des sarcophages égyptiens du Moyen Empire, LAPO 12, Paris, 1986, p. 15, 112, 486.
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