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    Dictionnaire des mots-clefs

    A
    Agro-pasteur
    C
    Combinaison agriculture-élevage | Cueillette
    I
    Initiative paysanne
    M
    Migrations de travail
    S
    Sécheresse | Sécurité alimentaire | Semi-nomade | Surexploitation

    A

    Agro-pasteurs

    En région sahélienne, la distinction entre agriculteurs et éleveurs tend à s'atténuer. La recherche d'une plus grande sécurité a poussé les ruraux à diversifier leurs ressources, en combinant notamment activités agricole et pastorale au sein des mêmes unités de production familiales. L'agro-pastoralisme est devenu la norme, même si certains se consacrent préférentiellement à l'agriculture, et d'autres à l'élevage.

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    C

    Combinaison agriculture-élevage

    L'élevage et l'agriculture coexistent dans la plupart des situations agraires de la région soudano-sahélienne. Ces deux activités entretiennent des relations multiples. Sur le plan technique, l'élevage participe à l'entretien de la fertilité des terres cultivées grâce aux apports de fumure animale, et la traction animale joue un rôle grandissant. Inversement, les résidus de récolte (céréales et légumineuses) constituent de précieuses ressources fourragères pour le bétail. Dans l'économie familiale, une forte complémentarité entre agriculture et élevage s'exprime pour la satisfaction des besoins vivriers et l'acquisition de revenus monétaires. L'organisation des espaces ruraux intègre la coexistence de ces deux activités, mais des relations de concurrence (entre agriculteurs et éleveurs tout particulièrement) s'y manifestent aussi depuis longtemps, et tendent à se radicaliser en raison de la saturation croissante de l'espace utile.

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    Cueillette

    La cueillette de produits végétaux sauvages les plus divers est habituelle et intense dans toute la région soudano-sahélienne. Elle joue encore maintenant un grand rôle dans l'alimentation, la pharmacopée et la technologie des populations rurales. Le grand nombre d'espèces utilisées témoigne de l'étendue de la connaissance (acquise et transmise) qu'ont les hommes des ressources de leur milieu. Sur le plan alimentaire, la cueillette permet de diversifier et de compléter la ration, et de franchir les difficiles périodes de soudure qui précèdent les récoltes. Son importance peut être déterminante lorsque la production agricole est très déficitaire.

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    I

    Initiative paysanne

    Les sociétés paysannes n'ont pas subi passivement les crises climatique et économique. Elles ont adopté des stratégies diversifiées afin de limiter les risques, redresser les niveaux de productivité et freiner les processus de dégradation du milieu. Les agriculteurs de la région soudano-sahélienne ont largement prouvé leurs capacités d'innovation. La mise en valeur des bas-fonds, la création de petits périmètres maraîchers, l'apparition de nouvelles formes d'élevage d'embouche, et peut-être surtout la multiplication des organisations paysannes, témoignent de la volonté des ruraux de maîtriser leur cadre d'activité. Les politiques d'ajustement structurel ont créé de lourdes contraintes, mais ont en revanche contribué à stimuler les initiatives locales, en relation fréquente avec l'action des ONG.

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    M

    Migration de travail

    La saturation foncière liée à l'accroissement démographique, les crises climatiques et économiques, ont contraint de plus en plus de ruraux des pays du Sahel à diversifier leurs activités et à rechercher régulièrement des compléments de revenus hors de l'espace villageois. Les phénomènes migratoires, déjà anciens, se sont considérablement amplifiés au cours du dernier quart de siècle. De plus en plus d'actifs masculins quittent la campagne pour la ville durant la saison sèche, et la migration devient parfois définitive. Elle est souvent lointaine, poussant les sahéliens vers les pays côtiers ou l'Europe. Si la migration (en ville, ou vers d'autres zones rurales) est source de revenus et constitue à ce titre un élément régulateur décisif de l'économie familiale, elle a par contre entraîné des transformations de la vie rurale locale, en alourdissant notamment le travail des femmes et la part qu'elle prennent aux tâches de production agricole.

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    S

    Sécheresse

    L'irrégularité interannuelle de la pluviosité est une caractéristique forte du climat sahélien. Cette grande région a connu, à partir de la fin des années 1960, une forte baisse de la pluviométrie. La sécheresse correspond tout particulièrement à la succession d'années déficitaires, qui se traduit non seulement par un effondrement, parfois catastrophique, des niveaux de production (chute des rendements, faible productivité des pâturages et mortalité accrue du cheptel), mais aussi par une dégradation du milieu qui peut dans certains cas être irréversible. Si la sécheresse est un phénomène d'origine climatique, son impact résulte en grande partie de la pression exercée par les activités humaines sur l'écosystème. La migration et la pluriactivité qui lui est associée, l'aide alimentaire et l'ouverture régionale des marchés céréaliers, ont permis de limiter les conséquences les plus dramatiques de la sécheresse.

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    Sécurité alimentaire

    La notion de sécurité alimentaire s'applique à des niveaux divers, de l'individu à la population d'un pays ou d'une grande région dans son ensemble. Pour s'en tenir à l'échelle locale, on soulignera que la capacité de satisfaire à des besoins vivriers n'implique pas que les ruraux produisent eux mêmes la totalité des ressources vivrières correspondantes. La sécurité alimentaire repose aussi sur l'acquisition de revenus monétaires (grâce aux cultures commerciales, à la vente du bétail ou à d'autres activités), sur la circulation des produits et les échanges. Les voies de la sécurité alimentaire dépendent donc fortement de l'environnement économique.

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    Semi-nomades

    En milieu sahélien, là où coexistent (comme dans l'Oudalan, à l'extrême Nord du Burkina Faso) une agriculture céréalière extensive et un élevage de type pastoral, une grande partie de la population a maintenu un certain degré de mobilité. L'habitat combine souvent une résidence de saison sèche sur les terres de culture, afin d'y concentrer la fumure animale grâce au parcage des troupeaux, et une résidence de saison des pluies située à l'écart des champs pour que les animaux n'occasionnent pas de dommages aux cultures. Les troupeaux bovins effectuent encore des transhumances sous la conduite de bergers, surtout pendant la saison humide. Mais la durée et l'amplitude de ces déplacements saisonniers se réduisent progressivement.

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    Surexploitation

    Tout système d'exploitation agricole ou pastorale du milieu ne peut être durable que s'il permet une reconstitution régulière des ressources productives. Or les conditions d'une telle viabilité sont de moins en moins bien assurées dans nombre de situations agraires de la région soudano-sahélienne. Les surfaces cultivées se sont étendues, les agriculteurs se trouvent contraints d'exploiter des terres pauvres et fragiles, la jachère régresse et disparaît, les parcours sont de plus en plus surchargés, les apports de fumure organique diminuent et ceux d'engrais minéral se sont effondrés, les signes de dégradation du milieu deviennent alarmants. Une crise globale d'entretien de la fertilité met en péril l'avenir de ces systèmes agraires, conséquence de la conjonction de phénomènes variés : accroissement continu de la population rurale, insécurité foncière, crise climatique, politiques économiques peu incitatives. Le constat actuel est donc souvent celui d'une surexploitation du milieu et des ressources, sans qu'il faille y voir une fatalité. Des exemples probants montre que les évolutions régressives peuvent être enrayées et que des marges d'intensification substantielles existent.

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